Insécurité à Épinay : le maire est responsable de tout

lundi 

18 novembre 2013 à 10:32

.

Caméra de vidéo-protection à Épinay-sur-Seine (PFT, 2013)

Selon la loi n° 2007 – 297 du 5 mars 2007, sur le territoire des communes de plus de 10.000 habitants, le maire est le « pilote » de tous les dispositifs de sécurité et de prévention. En effet, cette « loi en fait le responsable de la politique de prévention et de la délinquance, et […] le garant de la tranquillité publique dans la commune ». Les textes sont donc clairs. Et aucun maire ne peut se défausser sur un autre de l’état de sécurité ou d’insécurité dans sa ville. À l’échelle locale, il est en première ligne.

Au reste, tous les Spinassiens ont remarqué que le maire est peu disert sur l’état d’insécurité de notre ville. Sa revue mensuelle de propagande municipale, Épinay en Scène, n’évoque jamais les délits (vols, viols, cambriolages, arrachages de sacs, etc.) et n’adresse aucun mot de réconfort aux victimes qui, pour la plupart, sont des femmes. Ce grand silence est un aveu.

À Épinay-sur-Seine, l’insécurité est devenue structurante, pour deux raisons principales. Tout d’abord, parce que de 2001 à 2007, le maire a méthodiquement déconstruit tout le « système Bonnemaison » qui prévalait et a brisé le triptyque Prévention – Répression – Solidarité. Ensuite, il n’a pas été en mesure de remplacer ce qu’il a démantelé. En conséquence, il a créé un immense vide : l’insécurité a explosé. Ainsi, dès 2008, Épinay est la 19ème ville de France la plus violente. Depuis, notre ville a progressé dans ce triste record. Tout s’est effondré. Résultat : le maire ne contrôle plus son « territoire » ou « périmètre ».

Au vrai, ce dramatique état de fait s’explique, par les lourdes et graves erreurs personnelles du maire :

  • Le maire n’a pas été capable de bâtir une « stratégie territoriale de sécurité et de prévention » au sein du Conseil Local de Sécurité (CLSPD), comme l’y engage la loi citée plus haut.
  • N’ayant pas de « stratégie », il n’a pas su mettre en place un véritable « partenariat » (mutualisation des moyens de tous les acteurs institutionnels (État, région et département) et mobilisation de tous les opérateurs locaux : bailleurs sociaux, promoteurs immobiliers, transporteurs, associations, etc.).
  • Sans « cercle partenarial » effectif et efficient, le maire a réduit la gestion de toutes les questions de sécurité à sa seule personne. Ainsi, a-t-il écarté son adjoint chargé de la sécurité qui n’a plus voix au chapitre et est relégué à des fonctions subalternes.
  • Dans cette volonté de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains, le maire n’a jamais associé le Conseil municipal à l’élaboration d’une « stratégie territoriale de sécurité et de prévention », alors même que la loi l’y incite très fortement pour conférer à cette stratégie une légitimité politique. C’est pourquoi, en 5 ans et plus de 55 Conseils municipaux, le maire n’aura consacré que 21 minutes aux questions de sécurité, soit une moyennes de 4 minutes par an. Il a donc étouffé le CSLPD en le restreignant à un obscur « comité de pilotage ».

En tous les cas, en évinçant de la sorte son maire-adjoint chargé de la Sécurité et tout le Conseil municipal, ce maire a introduit un vice majeur et un défaut radical dans les dispositifs de sécurité et de prévention contre la délinquance.

  • Cette mauvaise « gouvernance locale » explique que le maire ait délibérément réduit à deux types d’action l’ensemble des « initiatives municipales » prévues par la loi.

Tout d’abord, s’agissant des actions dites « premières », le maire s’est contenté de la création d’une Police municipale et de la mise en place d’une vidéo-protection. Or, un tiers des agents de la Police municipale est en arrêt de travail (brimades, conflits, etc.), ce qui rend ce service quasi inefficace. Et les caméras ne fonctionnent pas. Par exemple, sur Orgemont, quartier sensible, sur onze (11) caméras seules deux fonctionnent (caméras n° 11 et n° 15).

Ensuite, quant aux actions dites « secondes » le maire les a volontairement limitées au stationnement et à la circulation, ce qui explique la course effrénée des agents de la Police municipale à délivrer des PV de stationnement, un véritable abus de pouvoir qui étonne et révolte tant de Spinassiens. Cette politique du chiffre, si absurde, ne vise qu’à justifier auprès du Préfet de l’efficacité de la Police municipale. Au demeurant, le « plan de financement », coûteux et véritable tonneaux des Danaïdes, s’élève à plus de trois millions d’euros par an (3.000.000 €) et se révèle totalement improductif. C’est de l’argent public mal employé.

De l’ensemble des considérations précédentes, il ressort très clairement que :

  • Le maire n’a pas su concevoir une « stratégie » qui repose sur un diagnostic précis des causes et des effets de la délinquance dans notre ville.
  • Il n’a jamais su mettre en œuvre la « prévention primaire » (politique publique éducative, sociale, de santé, de logement, de loisirs, etc.), moins encore la « prévention secondaire » (publics à risque, victimes potentielles, espaces ciblés à sécuriser, périodes) et surtout aucune « prévention tertiaire » (mesures anti-récidive et réinsertion). C’est une politique de droite.
  • Il n’a jamais été capable de concevoir une « démarche structurée ».
  • Il n’a pas songé à définir des « axes » prioritaires de lutte contre la délinquance.
  • Il n’a ni précisé ni fixé d’« objectifs opérationnels » et aucun calendrier de résultats.
  • Il n’a nullement défini des « champs d’action ».
  • Il n’a jamais fait une « évaluation » sérieuse de ses échecs.

Bref, aussi stupéfiant que cela puisse paraître, le maire n’a aucun « plan d’actions » et procède à l’aveugle dans la lutte contre la délinquance, après avoir occulté toute politique de prévention.

Conclusion : en matière de lutte contre la délinquance, l’échec du maire est total et sa responsabilité personnelle est pleinement engagée, par les choix d’une politique publique de droite qu’il a faits.

C’est pourquoi, il faut rebâtir une véritable « stratégie de sécurité et de prévention de la délinquance » (CLSPD) conduite avec énergie et d’une main de fer pour éradiquer toute la délinquance locale qui, d’une part, nuit gravement à l’essor économique de notre ville, et, d’autre part, plonge les Spinassiens dans une profonde intranquillité urbaine.

Épinay : l’insécurité, échec numéro 1 de la majorité sortante

lundi 

30 septembre 2013 à 16:15

.

Vidéosurveillance à Épinay-sur-Seine (D.R)

Attaquée en plein centre-ville, une commerçante, par ailleurs élue municipale, se voit voler sa recette, fruit de son travail. L’épouse d’un élu se fait agresser et voler son sac, alors qu’elle promène son chien aux Écondeaux. Après la décision du groupe Auchan de ne plus installer d’établissement Flunch dans L’Îlo, d’autres grandes enseignes viennent de faire savoir que, pour cause d’insécurité, elles ne souhaitaient plus s’y établir. Le maire a été contraint de promettre le recrutement d’agents de médiation en sus du personnel de sécurité, afin de sécuriser le nouveau centre commercial.

Nouvelle envolée de la violence quotidienne

Épinay-sur-Seine n’a jamais connu de situation pareille. Un nouveau type d’actes de délinquance, plus violents, s’abat sur la ville. Nous étions jusqu’ici « habitués » aux arrachages des sacs de femmes et personnes âgées au volant ou à pied. Mais, depuis quelques semaines, les agressions s’étendent à tout le territoire de la commune, et n’épargnent plus même les personnalités locales. Dans certains quartiers, les habitants retrouvent fréquemment des sacs de femme abandonnés après avoir été volés et pillés. Certains membres de mon équipe ont ainsi retrouvé sac et papiers, parfois couverts de sang, et les ont ramenés au commissariat de police, dernièrement le 21 et le 28 septembre.

Qui peut contester cette intolérable et inouïe montée de la violence ? Cette banalisation  exprime la faillite complète de la prétendue politique de sécurité du maire. Sur ce plan, la fin de mandat de la majorité de droite et d’extrême-droite est catastrophique. Rien ne va plus ! En vérité, aucune politique de sécurité n’est menée par cette majorité ; la police municipale n’est pas affectée aux tâches de lutte contre les incivilités et la délinquance quotidienne, mais principalement à la verbalisation dans des quartiers désorganisés par les travaux.

Caméras à 1,8 million d’euros… résultats zéro !

Le coût de certains dispositifs totalement inefficaces dépasse l’entendement. La ville est équipée de 140 caméras (1 pour 386 habitants). Les 76 installées en 2012 ont ainsi nécessité un investissement considérable d’1,8 million d’euros, soit un coût de 24 000 euros par caméra, le tout pour une totale absence de résultats, sur lequel le maire se garde bien de communiquer. Un tiers de ces installations ne fonctionne déjà plus, parfois démonté par les délinquants eux-mêmes ; un second tiers est fréquemment en panne. Et pourtant, la municipalité souhaite encore en installer une quarantaine.

Police municipale (mairie d’Épinay-sur-Seine)

Atteints par cet échec, le maire et sa majorité n’osent même plus parler d’insécurité. En 56 conseils municipaux (six ans), ils n’ont parlé que 21 minutes de sécurité, et cela uniquement pour faire rapidement voter le budget affecté aux caméras de surveillance. Manifestement, les solutions du maire et de sa majorité n’ont pas atteint leur but, sauf à se fier aveuglément aux séries photos publiées par Épinay-en-Scène, roman-photo en papier glacé où tout est beau.

Aujourd’hui, le maire et ses adjoints n’ont aucun plan, aucune solution pour lutter contre efficacement la délinquance.

Insécurité : le vrai quotidien des habitants des Écondeaux

Par , le 

lundi 

16 septembre 2013 à 08:03

.

Propriétaires, locataires et commerçants du quartier des Écondeaux se sentent quotidiennement en danger. Le Maire reste sourd à leurs plaintes et alertes lors de nombreuses réunions de quartier. Aucune action concrète n’y est menée.

Le parc de la Chevrette (Mairie d’Épinay-sur-Seine)

Le quartier des Écondeaux est considéré par de nombreux Spinassiens comme un endroit paisible. On entend même dire que c’est le « 16e d’Épinay ». C’était vrai. Or, au fil des années, la situation s’est dégradée et il y règne un climat d’insécurité. Les riverains subissent toutes sortes d’agressions et cela à n’importe quelle heure de la journée. La délinquance est au cœur de notre quartier, sans que rien ne soit fait par la municipalité. En effet, les car-jackings se multiplient sur l’avenue Léon Blum aux heures où nos enfants vont à l’école, les motos circulent dans les parcs au milieu de nos enfants, les trafiquants sont dans nos halls  d’immeubles, les vols à l’arrachée et dans les parkings explosent et de nombreux habitants sont agressés à leur domicile. Tout cela dans un silence complet et les autres Spinassiens continuent à penser que notre quartier est calme.

Pourtant, le maire nous a fait croire que l’insécurité était sa priorité quand il a décidé de la création d’une police municipale dont le budget annuel est de 2,5 millions d’euros. Aujourd’hui, les habitants et les commerçants s’interrogent sur son fonctionnement. En effet, les agressions augmentent sans qu’elle puisse intervenir, les caméras censées l’assister ne fonctionnent plus et elle en est réduite à verbaliser les automobilistes pour mauvais stationnement au moment où la ville est en travaux. Au final, il faudrait redéfinir ses missions pour qu’elle puisse agir. Fait à noter et qui participe à l’exaspération des habitants : quand on appelle la police nationale pour signaler une agression, elle renvoie vers la police municipale.

Dans ce contexte, de nombreuses réunions de quartier et du conseil consultatif sont organisées. Le maire et son équipe semblent atteints de « réunionite », des réunions, encore des réunions mais aucune action efficace.

Les Écondeaux (Tracky)

Notre quartier se dégrade et le maire, lui, prend une décision étonnante. Un arrêté municipal exige désormais la fermeture des commerces à 21h à cause du bruit qui gênerait les locataires. Quel décalage ! Comment les commerçants qui donnent vie à notre quartier pourront-ils survivre à cette décision ? Le seul résultat est qu’ils disparaitront petit à petit et que le quartier des Écondeaux deviendra désert et donc plus dangereux. Est-ce à cause de l’ouverture de l’Ilo et Auchan ? Cette décision est dans la continuité des actions du maire qui attaquent sans cesse nos services de proximité. Par exemple, notre centre socio-culturel n’a plus autant d’activités malgré une forte demande de parents qui souhaitaient éveiller leurs enfants à des activités manuelles et culturelles. La réduction des  activités proposées contraint les parents (ceux qui le peuvent) à chercher ces activités dans les villes voisines, ce que notre  « beau » mensuel ne nous dit pas. On préfère nous en mettre plein les yeux.

Face à l’inaction du maire et la recrudescence de la violence, le comité de surveillance des Écondeaux a demandé l’organisation d’un rendez-vous réunissant les habitants, le maire et le commissaire de police. Il est frappant de constater que cette réunion est à l’initiative des habitants et non de cette municipalité de droite et d’extrême-droite. Elle aura lieu mercredi 18 septembre 2013.

Cela traduit le manque d’intérêt du maire pour notre vie quotidienne. Rappelons-lui que l’insécurité la plus invivable est celle du quotidien !

 

Zones de sécurité prioritaire : et Épinay ?

Par , le 

lundi 

2 septembre 2013 à 07:55

.

(D.R)

Il ne fait aucun doute qu’Épinay-sur-Seine connaît un grave problème d’insécurité. Trafics, vols, cambriolages, agressions, car-jacking… Les Spinassiens le vivent au quotidien, s’en plaignent parfois, supportent silencieusement la plupart du temps.

Pour commencer à traiter le problème de l’insécurité, il est avant tout essentiel que ce problème, peut-être la priorité la plus criante pour une majorité de nos concitoyens, soit publiquement admis et reconnu par la majorité municipale de Droite et d’extrême droite qui dirige Épinay-sur-Seine.

En refusant de le faire, cette majorité fait l’aveu de son échec total et entérine un fait. Mais elle semble aussi jouer sur le « pourrissement » de la situation dont elle ferait retomber la responsabilité sur le gouvernement de gauche. En effet, en janvier 2004, l’actuel maire se réjouissait de voir Nicolas Sarkozy classer Orgemont, quartier Épinay-sur-Seine, parmi les « 25 quartiers prioritaires » où l’État était censé engager des actions « nouvelles et globales de lutte contre la délinquance ». Rien n’a changé : échec total. Or, sous Manuel Valls, l’actuel maire ne fait rien pour qu’Épinay-sur-Seine, qui en a bien besoin, soit classé en Zone de sécurité prioritaire (ZSP).

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, était il y a quelques jours en visite dans une Zone de sécurité prioritaire (ZSP) à Marseille, pour faire connaître ce dispositif récent. Créé en 2012 par le gouvernement Ayrault, le statut de ZSP permet de reconnaître les nécessités particulières de territoires qui « souffrent plus que d’autres d’une insécurité quotidienne et d’une délinquance enracinée » et « connaissent depuis quelques années une dégradation importante de leurs conditions de sécurité ». Ce statut permet la mobilisation de moyens supplémentaires, une meilleure coordination des pouvoirs publics, des forces de l’ordre et des élus pour lutter contre la petite et grande délinquance.

Il est notable que de nombreuses villes voisines d’Épinay-sur-Seine bénéficient de ce statut : Saint-Denis, Saint-Ouen, Aubervilliers, Argenteuil… Or, jusqu’à maintenant et en dépit de l’échec du dispositif Sarkozy, Épinay-sur-Seine, pourtant l’un des foyers de la délinquance au nord de Paris après douze ans de gestion de droite et d’extrême-droite, n’a pas été retenu par le ministère de l’Intérieur, parce que l’équipe municipale actuelle ne fait  rien pour que cela change. Les Spinassiens méritent mieux.

Les Spinassiens méritent plus de considération. La sécurité est une priorité : encore faudrait-il que les responsables de la ville l’admettent et ne parient pas sur le « pourrissement » pour des raisons électoralistes.

Insécurité : l’échec de la droite à Épinay-sur-Seine

mercredi 

19 juin 2013 à 13:22

.

5 ans, 55 conseils municipaux, seulement 21 minutes de débat sur la sécurité

Les faits divers et le quotidien des habitants en témoignent : en matière de sécurité, Hervé Chevreau et sa majorité municipale ont échoué.  La délinquance a étendu sa toile et les habitants vivent dans une peur permanente. Cambriolages, vols, arrachages de sac, car-jacking sont des faits quotidiens. Les quartiers sont abandonnés à des groupes qui font régner leur loi. C’est ce que signifie le mot à-ban-donner : « laisser au pouvoir d’un autre ». Les bandes règnent sur les rues et les halls d’immeubles. La violence et l’intimidation pèsent sur la ville.

(Police municipale/ Mairie d’Épinay-sur-Seine)

La politique municipale est coûteuse mais reste sans résultat. Les comités de quartiers et les centres sociaux, faibles en moyens, sans perspectives réelles, n’assurent pas leur mission préventive. La Police municipale manque d’efficacité : le maire ne sait pas lui assigner des objectifs. Pendant ce temps, la délinquance croît. Qui n’a vu, à Orgemont comme aux Presles, des poteaux de caméras sciés par des délinquants et jetés au sol sans être remplacés ?

La droite a échoué. Elle a perdu la bataille contre l’insécurité à Épinay. Elle a capitulé, à-ban-donnant les habitants à leur propre sort. Si le maire ne le reconnaît pas officiellement, il l’admet dans les faits et dans sa gestion. Comment expliquer qu’en 5 ans de mandat et 55 conseils municipaux, il n’a consacré que 21 minutes aux questions relatives à la sécurité, soit en moyenne 4 minutes et 15 secondes par an ? Quel aveu d’impuissance et d’insouciance ! Y a-t-il meilleure preuve du mépris de la droite locale pour la sécurité des Spinassiens ?

L’insécurité : le nouveau paradigme de l’austérité

lundi 

13 mai 2013 à 07:15

.

Rien ne va plus. Mais « on » veut faire croire le contraire, de ce que voient les yeux et ressentent les esprits, à l’aide de chiffres et de sondages tirés d’on ne sait de quelles enquêtes. « On » se moque de la « France d’en Bas », de celle des « ventres creux ».

En matière de sécurité publique, M. Emmanuel Valls et Mme Christiane Taubira organisent un déni de réalité. Leur posture offre un avantage tactique au mouvement bleu marine. Au reste, à chaque fois qu’un républicain s’obstine à refuser le réel, il affaiblit et la France et la République.

Partout, la « raison naturelle », c’est-à-dire le « bon sens », juge une politique publique à ses résultats et non pas à ses intentions, fussent-elles les plus belles.  La sécurité publique s’est cristallisée en vœu pieux, quand on se souvient du discours du Bourget le 22 janvier 2012, dont la promesse était pourtant claire et même claironnante :

L’égalité, affirmait alors François Hollande, c’est aussi la sécurité pour tous. Vivre dans la peur est insupportable ! L’insécurité est une injustice sociale intolérable. Elle touche les plus modestes, les plus âgés, les plus jeunes, les plus fragiles. La sécurité est un droit et je le ferai respecter en créant des zones de sécurité prioritaires là où il y a les taux de délinquance les plus élevés, en mettant des postes supplémentaires, 1000 chaque année, dans la Justice, dans la Police, dans la Gendarmerie, en rapprochant les forces de l’ordre des citoyens. Et je lutterai contre tous les trafics, toutes les mafias. Pas plus que je n’accepte la délinquance financière, la fraude fiscale, pas plus je ne tolère qu’un petit caïd avec sa bande mette une cité en coupe réglée et fasse vivre à ses habitants un enfer. Tous ceux-là, les délinquants financiers, les fraudeurs, les petits caïds, je les avertis : ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas, le prochain président les prévient, la République, oui, la République vous rattrapera !

Depuis, formidable ironie de l’histoire, c’est Médiapart qui a « rattrapé » le fraudeur fiscal en chef, Jérôme Cahuzac, alors que la République a semblé, un moment, le protéger en feignant de croire en ses « vrais » mensonges et ses hautes balivernes. Mais, plus inquiétant, depuis le beau et pieux discours, l’insécurité et la délinquance ont progressé. On tue à Marseille, aujourd’hui bien plus qu’hier. Jeunes contre jeunes, les assassinats y sont de plus en plus scabreux et atroces. Les quartiers nord sont livrés à eux-mêmes. Plus bas, l’Île de beauté n’est pas en reste. On y règle « les comptes », en plein jour. Facture à l’arme de guerre. Paris n’est nullement épargné. Et ses banlieues sont abandonnées. En prison, les détenus ont désormais un héros : Redouane Faïd.

Mis à part Mme Christiane Taubira, qui veut le nier ? C’est que, audacieuse, chiffres à l’appui, elle vient de créer un paradigme sociologique : « plus une crise sociale et économique est forte, moins il y a de délinquance ». Donc, plus d’austérité produira moins de délinquance.

Emmanuel Valls, lui, est bien plus modeste. Totalement impuissant, il s’est convaincu qu’à imiter la démarche de Mac Garrett, héros d’Hawaï Five-0, Police d’État, mais aussi à emprunter les sourcils froncés de Charles Pasqua et à parler avec résolution comme Nicolas Sarkozy suffiraient à effrayer les caïds et à enrayer la délinquance. Il n’a pas de résultats. S’il n’a pas réussi, dans sa ville, comment le pouvait-il au niveau national ? Or, il serait même pressenti comme Premier ministre. Ce qui revient à formuler le deuxième paradigme gouvernemental : plus on échoue, plus on gagne en responsabilité.

(Bertrand Guay/AFP)

Même à petits pas, la droitisation constante du gouvernement est une impasse. C’est l’idée de droitisation qui est mauvaise. En effet, si elle a avait été bonne et adéquate, Nicolas Sarkozy et François Fillon n’auraient pas échoué.

C’est que les socio-démocrates du Parti socialiste ont toujours la faiblesse de croire qu’ils sauraient mieux appliquer que la droite une politique libérale. Ils avancent avec courage vers une impasse qui, à bien des égards, rappelle celle d’avril 2001.

Le gouvernement et le Parti socialiste traversent une double crise. Tout d’abord, une crise de la connaissance. Ils ne savent pas ce qu’est l’insécurité. Ensuite, une crise de la volonté. La mollesse publique, si bien décrite par Bossuet, est la conséquence de cette double crise, et non sa cause comme le croient maints journalistes et sociologues.

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits