Victoire d’Eric Coquerel, la clé : une opération immeuble 100% Mélenchon

mardi 

20 juin 2017 à 22:24

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Félix Houphouët-Boigny aimait à dire, avec le sens paysan de l’image et de la formule urbaine qu’on lui connaît : « la victoire a toujours plusieurs papas ». Que n’avait-il raison ! Car il est bien difficile de connaître les véritables auteurs d’un succès, surtout politique. Au vrai, seule la déesse Nikê (grecque) ou Victoire (pour les Romains) sait qui est le « papa » d’un succès.

S’agissant des législatives dans la 1ère circonscription de Seine-Saint-Denis, à Épinay-sur-Seine plus exactement, pour l’essentiel et le principal, Éric Coquerel doit sa victoire, d’abord et surtout aux mamans des quartiers sensibles. Et que personne ne viennent voler « leur » victoire. Mobilisées, elles auront été le facteur décisif, face à la puissante machine de droite macroniste qui, au passage, a battu à plate couture la candidate LR-UDI activement soutenue par les deux maires d’Épinay-sur-Seine et de Saint-Ouen. C’est encore elles qui, tacticiennes, ont rejeté le candidat socialiste au premier tour, et dont le score (10%) a désormais réduit la section locale socialiste au rang de force secondaire ou d’appoint.

C’était déjà avec elles que, sur l’axe urbain Orgemont – Centre-ville, nous avions mis en œuvre l’« opération Immeuble 100% Mélenchon », lors de la présidentielle. C’est ce dispositif qui a été réenclenché lors du second tour des législatives. Comment ne pas, ici, toutes les remercier, pour leur détermination (acharnement), leur dévouement (violence : dégagisme) et leur sérénité (puissance). Elles ont été les militantes anonymes d’une cause juste. Elles pourtant, oubliées de la République et de la Nation. Leur seule arme : la démocratie, en l’occurrence le bulletin de vote. Sans elles, la gauche eut perdu cette circonscription. Leur sursaut au second tour fut capital, le 18 juin 2017. Aussi, dès 9h30 du matin, je fus convaincu de la victoire d’Éric Coquerel. Ce sont encore ces mamans-là qui, dans un contexte d’abstentionnisme marqué, ont su mobiliser non seulement leurs familles (époux, enfants, parents, etc.) mais aussi leurs amies et voisines pour aller voter Éric Coquerel, dans une praxis que nous appellerons volontiers la théorie de la grappe d’électeurs. Le mot grappe vient du français crape, qui signifie « agrafe ». Elles ont agrafés les électeurs, pour former des grappes de voix. Que l’on ne s’y trompe guère, elles furent la force principale avec leur fameux slogan : « il faut les dégager ». Il n’est pas étonnant que dans leur mythologie, les Romains aient donné à Victoire trois sœurs : Zélos, « l’acharnement », Cratos, « la puissance » et Ria, « la violence ».

Mais j’ai aimé revoir Michel Bourgain, ex-maire de l’Île-Saint-Denis, toujours aussi charismatique ; heureux aussi d’avoir rencontré un couple merveilleux, Mohamed et Annick du 95 et l’excellent Rémi Faucherre de Paris 18ème, tous venus prêter main forte dans le tractage à Orgemont. Mais également le jeune Heykel qui, de son père Khémaïs (militant formé), a reçu belle éducation, savoir-vivre et instruction, trois précieux atouts qui devraient inspirer plus d’un et plus d’une.

Merces edes ! Merci ! En effet, qu’il me soit aussi permis de féliciter toute l’équipe qui m’entoure et dont l’idéal tient en une seule formule : une ville juste envers tous. Elle s’est mise en branle, dès mon appel et sans hésitation ni calcul, après ma première rencontre avec Éric Coquerel à Paris et sur ma demande. Comme ces mamans des quartiers sensibles, je n’ai rien demandé à Éric Coquerel, aucun poste et nul avantage d’aucune sorte. Nous sommes et resterons des citoyens libres.

Merces edes ! Merci donc à notre section des statistiques et analyses stratégiques animée par Marie-Adeline et Julien, et qui a compilé toutes les données électorales et sociodémographiques d’Orgemont et du Centre-ville, avec lesquels nous avons affiné notre stratégie de terrain, afin de ne pas gaspiller nos forces et viser juste, et qui nous a mis en garde contre les effets du communautarisme qui, aujourd’hui, ravage la droite locale (Facebook : voir le conflit Fatiha Kernissi / Rachida Rharbi) et qui vaut comme un clair avertissement pour la gauche ; merci à l‘équipe de sécurité qui, discrète, est toujours restée proche et a veillé sur nos sympathisants ; merci à la cellule réseaux sociaux, qui a su relayer nos actions ; merci aux jeunes d’Alternative Jeunesse, Alexandra, Mavérick, Pierre-Alexandre, Axel, Dominique, Belinda, etc., et aux moins jeunes, Benson, Rafik, Rassoul, etc., dont certains sont la relève pour 2020 ; merci, aux « militantes », qui forment le socle de notre mouvement, Marie-Claire, Huguette, Gladys, Majolie, Elvire, Christine, etc., et aux sympathisantes, Mme C., Yaffa, Florence, etc.

Et comment oublier Josiane et Gina, trop tôt emportées, mais qui, de là-haut, ont dû se réjouir de nous voir si enthousiastes dans les batailles de terrain.

La victoire d’Éric Coquerel est la vôtre, Mesdames. Par vos actions, vous avez contenu Ménard dans le Centre-ville et vous l’avez battu à Orgemont.

À toutes et à tous, Éric Coquerel m’a demandé de vous transmettre ses remerciements. Merci également à Georges, Éric, Camilou, Franck, Pape, et de tant d’autres, pour leur appui aussi efficace que sans tapage.

Pour une ville juste envers tous est incontestablement devenu l’organisation de gauche la mieux structurée et la plus disciplinée d’Épinay. Et désormais incontournable. Les temps qui viennent appellent au renforcement de notre mouvement

Législatives 2017 : soutien à Eric Coquerel

mercredi 

31 mai 2017 à 12:49

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Je partage avec vous le discours que j’ai prononcé le 30 mai lors du meeting d’Eric Coquerel à Saint-Ouen.

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Chers concitoyens de la première circonscription de Seine-Saint-Denis,

Je me réjouis d’être parmi vous, si nombreux cet après-midi, en cette place publique.

Du tiers-État de Sieyès qui, en 1789 se fit « nation complète », des événements de 1848, de Jaurès, de la Résistance et de Mitterrand, il ne subsiste que Jean-Luc Mélenchon. Il est l’héritier de cette longue tradition de luttes sociales. Car, à force de renoncements successifs à ses engagements de classe et d’abandon des repères historiques, le Parti socialiste s’est désagrégé. Et il naît, à côté de sa dépouille, une France insoumise qui porte désormais tout l’espoir du peuple de gauche et les idéaux de justice sociale.

Camarades et citoyens, « là où naît le péril, croît aussi ce qui sauve » dit Hölderlin. Jamais le risque de voir les représentants de la Nation être soumis à un pouvoir exécutif n’aura été aussi grand. Il y va même de l’équilibre des pouvoirs dans notre pays. C’est une Assemblée de députés-godillots qui s’annonce et que l’on nous prépare. En raison de quoi, il nous faut un corps de députés libres, c’est-à-dire insoumis et dont la seule vocation sera de défendre les intérêts du peuple, des salariés (employés, ouvriers et agricoles), des pauvres, des banlieues, de tous ceux que la mondialisation libérale rejette et met au bord du chemin.

En Seine-Saint-Denis, dans la 1ère circonscription, il nous faut donc tourner, avec joie et fermeté, la séquence socialiste, dont les principaux représentants qui, depuis plus de 20 ans, n’ont eu de cesse de diviser et dévaster la gauche, à Épinay comme à Saint-Ouen, jusqu’à y ruiner leur propre parti. Ce sont ces prétendus hommes de « gôche » que raillait Marx dans L’idéologie allemande, en parlant des « socialistes vrais » français qui ne sont, en vérité, que des sociaux-libéraux, et rien de plus.

Une tâche de refondation législative appelle donc Éric Coquerel, un élu remarquable, rivé aux principes de la vraie gauche. Sa présence à l’Assemblée nationale aux côtés de Jean-Luc Mélenchon sera un précieux atout politique pour notre département. Il en sera un ardent défenseur. C’est pourquoi le mouvement politique que j’anime à Épinay-sur-Seine, Une Ville Juste Envers Tous, lui apporte son ferme et total soutien républicain.

Je demande donc à toute notre équipe et à ses réseaux populaires de se mobiliser pour lui assurer une présence et une avance confortables, dès le premier tour des législatives du 11 juin prochain, afin de préparer sa victoire le 18 juin.

Que vive la gauche,
Vive la France et la République.

Épinay : du désastre à l’espoir

Par , le 

lundi 

30 mars 2015 à 15:14

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Le conseil départemental de Seine-Saint-Denis reste à gauche, par un sauvetage in extremis et au milieu d’une déroute nationale. Des cantons emblématiques sont passés à droite : la Corrèze, fief du Président de la République, l’Essonne citadelle du Premier ministre, le Nord bastion de Martine Aubry, l’Allier traditionnellement communiste.

Le parti socialiste local ne peut gagner seul

Dans le canton de Saint-Ouen, Karim Bouamrane et Dina Diffairi ont été battus par le maire d’Épinay qui, une nouvelle fois, a bénéficié des reports massifs de l’ensemble de la droite et de l’extrême-droite. Le retard de 1 400 voix constaté au premier tour aurait pu être beaucoup moins important, s’il y avait eu une franche concertation entre toutes les composantes de la gauche spinassienne. C’est que certains acteurs locaux de la gauche, en dépit des échecs répétés des dernières années, ont pris la mauvaise habitude de décider seuls, et d’ignorer leurs alliés naturels. Ce n’est pas seulement une erreur d’appréciation des rapports de force entre les composantes de gauche dont aucune n’a aujourd’hui seule de majorité, mais ce fut aussi et surtout une lourde faute politique et une grave méprise stratégique.

Le retard de 1 400 voix du premier tour en est la conséquence. Au reste, Karim Bouamrane s’en est vite aperçu et, mi-février, a dû venir nouer contact avec les autres composantes pour tenter de rectifier le tir et de donner un axe nouveau à sa campagne. Il n’a cependant pu rattraper le trop important retard et la défaite redoutée s’est matérialisée, à seulement 550 voix de distance. Les erreurs du début de campagne ont couté cher. En effet, le candidat unique de la droite (UMP – UDI – MODEM) et de l’extrême-droite (Front National) aurait pu être facilement battu.

La section locale du parti socialiste est coupée des quartiers populaires

Une nouvelle fois, jusque dans les bureaux de vote d’Orgemont, quartier populaire et soumis à un clientélisme politique hors du commun, la droite a rassemblé une majorité de suffrages. C’est ainsi que, majoritaire à Saint-Ouen et à L’Île-Saint-Denis avec plus de 1 000 voix d’avance, le tandem soutenu par la gauche se trouve battu sur l’ensemble du canton en raison du déséquilibre constaté sur la fraction spinassienne. En effet, pas un seul bureau à Épinay n’a échappé à la domination de la droite. Et ce déséquilibre aurait pu également coûter cher dans le canton n° 9, sans la force du vote de gauche à Pierrefitte et à Villetaneuse.

Un très net avertissement pour les futures élections

Ce constat est désolant, mais c’est aussi, pour l’avenir, un avertissement et une indication sur le travail à accomplir. Un avertissement en ce que, à Épinay comme ailleurs, la démobilisation de l’électorat de gauche lorsque la droite maximise son score aboutit à faire gagner celle-ci dans des situations où personne n’aurait pu l’imaginer il y a encore peu. Alors que l’intégration d’Orgemont dans le canton 18 devait permettre à la gauche de s’assurer une victoire certaine, ce redécoupage a finalement joué en faveur de la droite, par l’alliance formée entre les deux maires de droite de Saint-Ouen et d’Épinay au soir du premier tour. Légitimement, les inquiétudes vérifiées à la fois lors des municipales de 2014 et lors de ce scrutin départemental peuvent désormais être formulées à propos des prochaines échéances, en particulier pour les élections législatives de 2017 sur la première circonscription (Épinay/Saint-Denis-Sud/Saint-Ouen).
À cet avertissement correspond une indication, une injonction qu’il importe de suivre aujourd’hui plus encore que l’année passée, au niveau local. La droite gagne du terrain grâce à plusieurs facteurs, mais surtout deux raisons majeures. La première, on le sait, est le contexte national défavorable, conséquence d’un travail gouvernemental qui joue contre les intérêts des Français en même temps que contre le potentiel électoral de la gauche locale. Malgré les résultats électoraux, ce gouvernement est décidé à poursuivre une politique dont il croit encore qu’elle ne serait pas aimée parce que ses résultats tarderaient à se faire sentir, et non parce qu’elle est simplement mauvaise, inadaptée à la situation de crise que nous connaissons et issue d’une erreur de diagnostic sur les raisons de cette crise. Cela ne changera donc pas : cette gauche dévoyée de sa vocation poursuivra une politique d’inspiration thatchérienne, quitte à s’enferrer dans l’échec économique, social, et par suite électoral.

Mais ce n’est pas tout. Même en faisant abstraction d’un gouvernement qui, d’évidence, fera tôt ou tard long feu, la gauche a trop longtemps cru que les votes populaires lui étaient acquis. Il est temps pour elle de réaliser qu’ils ont été majoritairement perdus, au profit de la droite ou de l’extrême-droite et, surtout, de l’abstention. C’est particulièrement le cas en Seine-Saint-Denis, et plus encore dans la commune d’Épinay et ses zones les plus marquées par la crise et la paupérisation. Il est temps aujourd’hui de partir à la reconquête de ces électeurs par un véritable travail de terrain, par une restructuration des équipes locales, par l’établissement d’un nouveau dialogue avec les citoyens, par la formation d’une nouvelle génération de militants. Il en va de l’avenir de la gauche dans le 93, pour que les prochaines élections municipales, départementales et législatives ne soient pas des désillusions plus cruelles encore que celles vécues ces derniers mois. Et il en va, aussi, de l’avenir de la gauche dans notre pays. C’est des quartiers populaires, de l’électorat certes le plus déçu aujourd’hui mais néanmoins le plus concerné par l’urgence sociale dans notre pays, que doit venir un renouveau.

Vers le renouveau de la gauche à Épinay

« Pour une ville juste envers tous » reprendra ses activités dès le retour de Pierre Tavares du Moyen Orient, en vue des échéances électorales régionales et législatives notamment. Mais dès aujourd’hui, notre organisation propose à l’ensemble des forces de gauche concernées par les échéances actuelles et à venir, à Épinay-sur-Seine et dans les villes voisines, d’entamer un dialogue constructif et respectueuse des identités de chaque composante, en vue de se rassembler pour aborder d’une façon coordonnée et organisée le travail programmatique et militant pour les années futures. Au-delà des différends passés, des désaccords ponctuels, les formations de la gauche locale doivent aller au-devant du devoir moral qu’elle porte, du fait même de leur engagement. Aucun espoir en faveur des forces du progrès et de l’égalité, ici comme dans toute la France, ne sera permis sans nos efforts et notre travail. Et c’est à nous tous, militants de gauche, ancrés dans les territoires populaires du nord parisien, qu’il revient d’assumer cette responsabilité, devant deux siècles et demi d’histoire de la gauche française.

Épinay – élections départementales : déroute du parti socialiste

mercredi 

25 mars 2015 à 15:36

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Carte d'Épinay-sur-Seine, 1790, (D.R)

Carte d’Épinay-sur-Seine, 1790, (D.R)

Les résultats du premier tour des élections départementales sont, à l’évidence, un coup de massue pour le gouvernement socialiste et ses alliés au niveau national. Mais les choses ne sont pas moins inquiétantes au niveau local. L’hypothèse n’est ainsi pas écartée que la droite prenne dimanche prochain les commandes du conseil départemental (ex-conseil général) de Seine-Saint-Denis, un département qui n’avait jusqu’à aujourd’hui jamais échappé à la gauche, sous majorité communiste jusqu’en 2008 et socialiste depuis.

À Épinay-sur-Seine, le redécoupage cantonal de 2014 a eu pour conséquences premières de distendre le lien entre les électeurs et leurs futurs élus, de rendre plus difficile le travail militant, et de favoriser la démobilisation de l’électorat. Après le premier tour, les chances des candidats de gauche sont très différentes dans le canton 9 (Épinay Est, Villetaneuse, Pierrefitte) et dans le canton 18 (Épinay Ouest, L’Île-Saint-Denis, Saint-Ouen). Des leçons peuvent malgré tout être tirées.

Sur l’ensemble de la ville, les chiffres cumulés permettent ainsi d’aboutir à un constat implacable : le score de la liste de droite du maire en 2014 a obtenu un score presqu’exactement identique (65 % des votes exprimés) au cumul actuel des scores de candidats de droite et d’extrême droite en 2015 (64,32 %). Ce constat atteste, une nouvelle fois, de l’alliance tacite entre droite et extrême droite à l’occasion des élections municipales. On note également une remontée des listes et candidats du Front de Gauche, dont le score a plus que doublé (4,21 % en 2014 et 9,26 % en 2015).

Cette situation est aussi bien la conséquence d’une campagne du Front de Gauche stimulée par les organisations militantes plus dynamiques des communes avoisinantes que dans la section communiste vieillissante d’Épinay, que d’une moins bonne campagne du Parti socialiste et de ses alliés (EELV,PRG, MRC et MGC), et de l’absence d’une composante majeure de la gauche locale : « Pour une ville juste envers tous ». Les chiffres bruts sont en effet alarmants. En effet, la liste menée par le PS, PVJET, EELV et RCI obtenait 3 037 voix dans la ville il y a tout juste un an. Les candidats socialistes, avec les mêmes alliances (EELV, PRG, MGC, MRC) et soutien (RCI) mais sans PVJET n’obtiennent en 2015 que 1837 voix. Soit exactement 1 200 voix perdues en un an. Voilà l’ampleur des conséquences cumulées de l’amertume des citoyens face à la trahison de la « deuxième droite » gouvernementale, de la désagrégation totale du maillage militant, et de l’incapacité de ces candidats à convaincre. Chacun sait aujourd’hui dans quel état déplorable est la section locale du PS. Dans le détail, pour chacun des deux cantons, les situations sont contrastées mais aboutissent, pour Épinay, aux mêmes constats.

Dans le canton 9, la gauche reste en bonne position pour l’emporter, mais c’est principalement grâce à l’apport des voix des électeurs de Pierrefitte et de Villetaneuse. Sur la fraction d’Épinay, non seulement les candidats soutenus par l’alliance UDI-UMP sont nettement devant (36,96 %) mais le Front National est également très haut (22,78 %). L’abstention y est également nettement plus élevée qu’à l’ouest d’Épinay (70,03 % contre 66,03 %), et au-dessus de la moyenne départementale, la plus élevée de France (67,3 %).

Dans le canton 18, l’annexion d’une partie d’Épinay (notamment Orgemont) aux calculs électoraux des appareils politiques de Saint-Ouen aboutit ironiquement à favoriser la droite, malgré la dispersion des voix entre les candidats officiels de l’UDI, et le tandem dissident où l’on retrouve le maire d’Épinay. Au total, en cumulant les scores du premier tour, ce sont plus de 1000 voix qui manquent à la gauche pour être en mesure de l’emporter. Et les voix manquantes sont, en grande partie, spinassiennes : si le cumul des voix de droite aboutit à un score de 62,6 % environ sur le canton, ce total atteint 71,54 % à Épinay ! C’est dire l’ampleur de la démobilisation à gauche, voire du rejet, de la part d’un électorat sollicité pour élire les représentants de communes voisines, aucun candidat titulaire de gauche n’étant issu d’Épinay, quand la droite présente des élus municipaux. Une fois de plus, les choix des candidats ont été erronés. Mais faut-il encore s’en étonner ?

La situation d’Orgemont, quartier le plus populaire de notre ville populaire, historiquement ancré dans les grands combats de gauche et marqué jusqu’à ce jour par les enjeux sociaux majeurs de notre pays, est tout aussi préoccupante. La gauche y fait un meilleur score qu’ailleurs dans la ville (32,22 %), mais cela reste notoirement insuffisant, lorsque le seul nom du maire, dissident dans son propre parti, obtient une majorité de 51,5 %. C’est un désastre complet pour la section locale du PS. Mais le comptage en voix est plus implacable encore : 568 voix pour l’ensemble des candidats de gauche, c’est presque moitié moins qu’il y a un an aux municipales (1 009 voix). Ces centaines de voix perdues, nous en connaissons beaucoup. De nos adhérents et sympathisants, cent-cinquante ont fait le choix de voter, tout de même, soit pour les candidats socialistes, soit pour le Front de gauche (ce qui explique en partie la forte progression du Front de Gauche de 83 à 125 voix, sur appel direct d’une adhérente). Mais d’autres n’ont pu se résoudre à ces deux choix et se sont résignés au vote blanc ou, pour beaucoup, à l’abstention. L’une des actions qui a le plus heurté notre organisation a été de voir les militants socialistes tenter, en vain, de procéder au débauchage de nos militants. Échec complet, si ce n’est d’avoir récupéré les deux ou trois « bras cassés ». Et que cela serve de leçon, pour l’avenir. Les Régionales sont proches. Les Législatives aussi.

Au total, force est de constater que par son absence, notre organisation, « Pour une ville juste envers tous », démontre une fois de plus son poids électoral dans les quartiers populaires, sa capacité à animer les élections et à porter les coups les plus rudes à la droite locale qui ne progresse que sur l’effondrement des socialistes locaux.

En tous les cas, ce résultat déplorable montre clairement l’incapacité des partis cités à présenter des candidats connus des électeurs, et à mener une véritable campagne de terrain, ce qui aboutit aujourd’hui à une situation impossible à rattraper, dans l’un des cantons cruciaux pour la gauche si elle entendait conserver la présidence du département.

« Pour une ville juste envers tous » a fait le choix de ne pas présenter ni soutenir de candidats, conséquence du redécoupage qui mène l’une des plus grandes communes du département à se trouver scindée entre deux cantons, de l’absence de prise en compte des enjeux spécifiques de la population spinassienne, autant que de l’impossibilité à ce jour de construire avec l’une et l’autre des deux autres composantes principales de la gauche locale (Parti socialiste et Front de gauche) une alliance véritable et durable sur un projet commun au service des citoyens.

À quelques jours du second tour, le sort des deux cantons semble aujourd’hui scellé. À moins d’un sursaut. Quant à la population, on pourra déplorer longtemps que cette élection se soit faite sans prendre en compte ses aspirations.

Adieu Roger Mansuy ! « C’est un joli nom camarade »

dimanche 

21 décembre 2014 à 13:45

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Livre Roger Mansuy

Couverture du livre de Roger Mansuy

« Notre camarade Roger Mansuy est décédé, hier soir, chez lui, d’une crise cardiaque ». Ainsi retentit encore le sms de Daniel Rigault du mercredi 17 décembre 2014.

« Quel grand malheur, pour tous, et pour notre ville », répondis-je à ce fracas.

La mort, pense Heidegger, est la structure essentielle de l’existence. Et pour Bossuet, maître incontesté des oraisons funèbres, elle se caractérise par sa soudaineté qui, toujours, frappe l’entourage et les amis du défunt.

Roger Mansuy est mort. Comme il m’est de mémoire, je me rappelle de la visite que je lui rendis, le 14 novembre 2013, rue Jarrow. Un tête-à-tête amical. Un café partagé et trois heures d’échanges intenses et instructives. Roger me fit d’abord visiter son appartement. Chaque élément à sa place et bien rangé, qui dévoilait un esprit bien construit et serein. Et tous ses documents personnels si nombreux, bien archivés, comme savent le faire les Allemands avec leur sens culturel du classement. Il prenait malin plaisir à raconter comment et dans quelles conditions il avait obtenu ou « arraché » au bailleur cet appartement HLM. « Je ne te crois pas, lui dis-je ». Il répondit : « je te jure que c’est vrai ». Et nous partîmes dans un long fou-rire. Il voulait vivre modestement, en HLM, comme peu savent le faire.

Roger  : lance-de-gloire. Nombreuses sont les personnes qui ne savent pas porter leur prénom. Lui portait bien ce prénom tiré du germanique « hrod », la gloire, et « gari », la lance. Il y a, dans ce prénom, dans la stature et l’allure typique de Roger Mansuy, quelque chose qui me faisait songer aux cavaliers germains qui, à la veille de la Noël de l’an 600, envahirent la France. Mais, plus significatif encore, je le savais et je ne saurais dire si lui le savait, son nom de famille, Mansuy,  signifie « averti » , au sens d’homme intelligent ou de personne sage. Et Mansuy l’était, un peu comme s’il avait voulu accomplir le sens et la signification de son nom. En effet, toute sa biographie était tendue vers l’intelligence. Son excellent ouvrage, Épinay-sur-Seine, Un peu d’histoire, beaucoup de nostalgie, dont il préférait – me disait-il – la version première (publiée à compte d’auteur) à celle édulcorée éditée par la municipalité, en porte témoignage. Il est impératif de le lire, pour qui veut comprendre l’histoire actuelle de notre ville si ravagée depuis quelques années, malgré les apparences. Sa nostalgie, qui était un nostos-algos, c’était l’époque où Épinay n’était pas une cité dortoir mais ville industrielle, avec des ouvriers ; une commune communarde et non cette kyrielle de ghettos ou d’enclaves communautaires entretenus sur fonds publics. Il y voyait le déclin d’Epinay. Nous en discutâmes avec gourmandise, lui exposant et moi répartissant. Le goût pour la science historique nous tenait liés. Au fond, et il faut le dire, Roger était un intellectuel. Il appréciait que je le lui dise, tirant un certain plaisir à l’évocation de ce statut. C’était un homme « averti », l’un des rares militants de gauche avec lequel je pouvais parler de Marx, de Jaurès ou de Babeuf, et du mouvement ouvrier français.

Expérience : eundo assequi,  ce que chemin faisant on rencontre.

Nous parlions, tels de vieux amis, de nos vies respectives. Les succès scolaires et la réussite professionnelle de ses enfants l’honoraient. Son père, se plaisait-il à rappeler, l’avait influencé et profondément marqué, par sa vivacité, sa combativité pour l’égalité et son sens de la dignité humaine. Il me raconta, avec un souvenir tenace, comment son père avait mis un terme à sa formation de pâtissier, non sans avoir secoué et « remonté les bretelles » du formateur qui, en guise de formation, le rudoyait. De ces années de pâtisserie il gardera un fil de tradition et une nostalgie. En effet, l’un de ses grands plaisirs, disait-il, c’était d’apprendre à ses petits-enfants à faire des gâteaux, en fin de semaine ou aux jours de congé scolaire. Il racontait ce rôle de formateur en pâtisserie avec affection, comme savent l’avoir les grands-parents.

Un fait l’a profondément choqué : la remise en cause de sa nationalité française par l’Administration, lors du renouvellement de ses pièces d’identité, alors même qu’il était élu au Conseil municipal. Il fut meurtri par  cette tracasserie administrative. Car, né en Allemagne et d’une mère allemande, en 1947, l’administration française lui demanda de justifier sa nationalité française. Ce fut une expérience axiale, une « situation limite » (Karl Jaspers) où, confronté à l’Autre, on est renvoyé à sa propre identité. Français ou Allemand ? Ce fut, pour lui, une épreuve que celle de rassembler tous les documents pour prouver qu’il était Français.

À côté de sa passion pour l’histoire locale et l’amour de sa famille, il y avait, bien évidemment, son engagement politique. Convaincu de l’idéal communiste de Jaurès, il était toujours, « en groupe, en ligue, en procession, en bannière, en slip, en veston [… et était] de ceux qui manifestent » , selon les paroles de Jean Ferrat. Roger Mansuy accordait une importance politique majeure aux « manifs », comme moment de mobilisation. Je le revois, casquette sur la tête et sac à dos, avec ses « camarades », s’en allant vers Paris, défiler « de Charonne à la Nation ». Il était un vrai « empêcheur de tuer en rond ».

Mais ce qui, le plus me frappait, c’était le culte qu’il vouait à ses « camarades ». Aussi terminerai-je en citant, de nouveau, Jean Ferrat :

« C’est un joli nom camarade, c’est un joli nom tu sais
Qui marie cerise et grenade aux cent fleurs du mois de mai » .

Je ne suis pas socialiste mais un Républicain de gauche

lundi 

15 décembre 2014 à 07:55

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« Pour une ville juste envers tous » est indépendant et n’est donc pas apparenté au Parti socialiste (PS).

Lors des dernières élections municipales, le groupe politique que je dirige, Pour Une Ville Juste Envers Tous, avait jugé opportun de faire liste commune avec d’autres forces de gauche, notamment le comité spinassien d’Europe Écologie Les Verts (EELV), la section locale du Parti socialiste (PS) et les représentants du Rassemblement Citoyen et Indépendant (RCI).

Depuis cette échéance, il s’est établi une sorte de confusion laissant croire, à plus d’un, que notre organisation politique et moi-même aurions adhéré ou que nous serions apparentés au Parti Socialiste. Je précise à tous, qu’il n’en est rien.

« Pour Une Ville Juste Envers Tous » reste une organisation indépendante, dotée de ses propres moyens de communication et d’actions, avec son calendrier politique.

À Épinay-sur-Seine, notre organisation est déjà l’une des toutes premières forces de gauche. Et elle n’a de cesse d’étendre son influence et de voir le nombre de ses sympathisants augmenter. Les semaines qui approchent verront son réseau s’élargir en Seine-Saint-Denis.

Épinay-sur-Seine : hausse continue de la délinquance

mardi 

7 octobre 2014 à 08:05

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Épinay-sur-Seine (PFT)

Dussions-nous le redire, la délinquance est l’une des grandes plaies de notre ville. Elle altère profondément son image. En tous les cas, la hausse 2013 de la délinquance et de la criminalité révèle l’échec total du maire et de son équipe en la matière. En effet, cette équipe de droite et d’extrême-droite qui dirige notre ville depuis 14 ans a complètement échoué. Jamais cette alliance politique n’est parvenue à prévenir (prévention de) ou à réprimer (répression de) la délinquance urbaine et la criminalité.

Tout l’argent public englouti annuellement dans la vidéosurveillance (24.000 euros par caméra, dont plus de la moitié ne fonctionne pas) et la Police municipale (1 million d’euros par an), quasi impotente contre la délinquance, ne produit aucun effet palpable. Qui donc peut nier que la délinquance quotidienne et la criminalité sont en hausse constante ? Sans la Police nationale, Épinay-sur-Seine eut été le premier foyer francilien de la délinquance.

Le Ministère de l’intérieur vient de rendre public les chiffres de la délinquance répertoriés par l’Observatoire Nationale de la Délinquance et des Réponses pénales (ONDRP) . Pour Épinay-sur-Seine, ils sont alarmants. Année après année, ils progressent et de façon inexorable (consulter les chiffres en cliquant ici). En outre, vous pouvez comparer ces chiffres à ceux d’autres communes françaises sur le site web de l’internaute.

Bien entendu, ce rapport ne prend en compte que les faits déclarés auprès de la Police nationale et la Gendarmerie. Ils sont donc bien en-dessous de la réalité, car de nombreuses victimes (désabusés, gênés ou craignant des représailles) ne signalent pas leurs agressions. Ainsi, pour obtenir le chiffre exact des agressions, il faudrait aussi ajouter aux chiffres officiels les actes des pharmaciens et des médecins chez qui se rendent une grande partie des victimes pour les premiers soins mais sans faire des signalements et des dépôts de plainte bien difficiles à établir :

  • Violences physiques non crapuleuses ;
  • Meurtres et tentatives de meurtre ;
  • Viols et agressions sexuelles;
  • Vols à main armée ;
  • Cambriolages ;
  • Vols de voitures et de 2 roues ;
  • Port d’armes prohibées.

Cette faillite de la lutte contre la délinquance repose sur 5 dysfonctionnements :

  • un manque patent de clairvoyance politique;
  • un amateurisme entêté dans la conception des projets de lutte;
  • une vision angélique de la réalité;
  • une désinvolture chronique de la municipalité face à la détresse des habitants;
  • une Police municipale et une Vidéosurveillance couteuses mais inopérantes.

Ainsi, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En effet, Épinay-sur-Seine se classe parmi les villes violentes de l’Île de France ; une commune où les habitants sont, de fait, abandonnés par la municipalité et doivent supporter toutes les misères et l’intranquillité liées à la progression de la délinquance.

Insécurité à Épinay : de plus en plus de femmes attaquées dans le parc d’Orgemont

jeudi 

26 juin 2014 à 08:04

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Parc d’Orgemont (D.R)

Concernant la violence à Épinay-sur-Seine, alors que les journaux et les réseaux sociaux mentionnent les fréquentes bagarres entre bandes rivales, les calcinations de véhicules, les incendies de poubelles et le trafic de drogue, depuis quelques semaines, la violence aux personnes a pris une forme sévère et une extension nouvelle, car plus brutale et plus injuste encore, avec l’attaque des femmes, en plein jour… pour les dépouiller de leurs bijoux, dans le parc d’Orgemont.

Les femmes ont peur. Elles y sont en danger, à toute heure et qu’il y ait du monde ou pas ! De jeunes délinquants, avec une surprenante audace, une grande lâcheté et un véritable toupet, usent de leur force physique pour arracher, avec une violence inouïe et une vélocité sans égale, les parures ou les fioritures des femmes. Personne pour les défendre : pauvres mères à la merci des délinquants, fragiles jeunes filles qui sont des proies faciles !

En effet, il y a quatre mois, une jeune fille y subissait une grave agression. Et, mardi dernier, à 17 heures, traversant le parc d’Orgemont, une mère de famille, locataire depuis 30 ans dans ce quartier, se rendait chez son infirmière (soins post-opératoire au bras) lorsqu’elle fut victime d’un jeune agresseur. Jetée à terre, frappée, sa chaîne « plaqué or » lui était arrachée. Nulle âme, pour n’a eu temps de la secourir. Samedi 21 juin, dans l’après-midi, de nouveau dans ce parc, une autre mère de famille, assise sur un banc et conversant avec ses amies, a été l’objet d’une attaque d’une rare violence, pour lui arracher son collier. Plus rien n’est sûr, dans ce parc laissé à l’abandon.

Déjà classée, en 2008, parmi les 19 villes les plus violentes de France, Épinay-sur-Seine connaît depuis quatre mois une fulgurante explosion de la violence aux personnes et une progression sans précédent de la délinquance.  L’échec de la mairie est sans conteste. Épinay ne connaît pas le repos public.

Bref, ces agressions quotidiennes des mères et des demoiselles sont l’expression d’une grave injustice sociale et d’une profonde inégalité physique. Et cette double punition est le résultat d’une totale absence de politique municipale visant à enrayer cette insupportable discrimination à l’échelle du quartier le plus peuplé de notre ville.

Sous ce rapport, s’il est vrai que tout le quartier d’Orgemont est livré à lui-même depuis une dizaine d’années, le parc Oberursel (qui en est comme le centre géographique) est devenu le secteur le plus dangereux, le plus risqué et le plus criminogène. Et si la gare du RER C, « Épinay-sur-Seine », située à trois cents mètres connaît déjà nombre d’agressions, l’arrivée prochaine du Tramway ne devrait pas aider à l’amélioration de cet état de fait, puisque rien n’est prévu pour en juguler les conséquences.

Il y a bel et bien un axe insécuritaire qui, en diagonale, traverse ce quartier : la Gare RER « C » – le Parc Oberursel – le feu rouge Route d’Argenteuil (au croisement rue de Lille). Aucun plan n’a jamais été élaboré par le maire, pour sécuriser cet axe.

Somme toute, en matière de sécurité, le maire et son équipe sont incapables de faire régner l’ordre public et la tranquillité urbaine. Aussi faisons-nous ici quatre recommandations aux femmes et demoiselles qui habitent ou traversent ce parc :

  1. gardez-vous de mettre vos bijoux ou ornements (chaînes, bracelets, montres, etc.) même « plaqué or », parce que les « brigands » ne savent pas faire la distinction entre « l’or » et le « plaqué or ». Comme les pies, tout bijou jaune et brillant est de l‘or pour eux. Gare à vous : ils confondent le vrai et le toc.
  2.  ne portez plus de sac en bandoulière. Les « voleurs » croient qu’ils contiennent de l’argent et même pour vingt (20) euros, ils n’hésiteront pas à vous agresser.
  3. ne traversez pas ce parc seules. Soyez toujours accompagnées.
  4. si vous êtes victime d’une agression ou d’un vol, portez plainte au Commissariat de police. Insistez pour que votre plainte soit enregistrée. Ne pensez pas que cette démarche soit inutile.

Et ce, dans l’attente qu’Épinay-sur-Seine devienne un jour une ville sûre.

399e anniversaire de la mort du fabuliste : pauvre La Fontaine, être cité par « petit Denis »

dimanche 

13 avril 2014 à 09:47

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Écoutez donc. Alors que la « très noble » séance du « fort distingué » Conseil municipal du 8 avril dernier s’achevait, nous eûmes droit à une surprise : la piètre intervention de « petit Denis ». Sur instruction de son vénéré maître, on l’entendit lire une « réponse » à un article de Julien Le Mauff  qui eut un grand retentissement lors de sa mise en ligne sur notre blog.

Julien Le Mauff, esprit fort cultivé, madré et de solide formation, lui répondra, s’il le souhaite. Au vrai, nous doutons qu’il le fasse, et ce pour au moins trois raisons. En premier lieu, parce qu’il est toujours difficile de répliquer à un texte médiocre. En deuxième lieu, parce que le texte lu par « petit Denis » n’apporte aucun argument nouveau susceptible de réfuter l’article, mais se contente de rappeler la procédure du dispositif (bourse aux permis) dont Julien  estime précisément qu’elle n’est respectée ni en sa lettre ni en son esprit. En troisième lieu, puisque cet article a atteint sa cible (mise en exergue de l’opacité des décisions), il n’a nulle raison d’y revenir. Ce serait pure absurdité.

Nous nous conformerons à cette règle épistémologique. Toutefois, et pour lors, sans donc aller au plein de la lecture de « petit Denis », nous voudrions juste sauvegarder le prestige d’un fabuliste qu’il nous plaît souvent d’évoquer : Jean de La Fontaine.

Dussions-nous le redire, il est bien plus difficile de comprendre la signification et le sens des fables de notre de La Fontaine, que de lire La Phénoménologie de l’Esprit de Hegel, d’étudier la Critique de la raison pure de Kant ou de résoudre la conjecture de Fermat. Et « petit Denis » en apporte la preuve. Excipons d’un exemple ce qui est dit. En effet, avec une vaillante balourdise, « petit Denis » cite La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, mais mésinterpète totalement la signification de cette fable. Éclaircissement : tandis que de La Fontaine (ami et protégé de Fouquet) fustige la « grosseur » du bœuf, c’est-à-dire l’absolutisme royal de son temps (Louis XIV et Colbert), « petit Denis », lui, prend cette fable au premier degré et croit indûment que le fabuliste y fait l’éloge du bœuf (absolutisme royal) et se moquerait de la grenouille qui, en vérité, n’est qu’invitée à ne pas adopter les travers moraux et défauts politiques du régime royal, sous peine de périr. Tel est le fond moral de cette fable. Ainsi, « petit Denis » a compris tout à l’envers le moralisme de Jean de La Fontaine. C’est comme si « petit Denis », avec son art de tout inverser, voulait conduire une moto en prenant le siège arrière pour guidon.

Mais il est un beau paradoxe que fabrique « petit Denis », dans l’usage de cette fable. Puisque, sans s’en apercevoir, « petit Denis » reconnaît et admet explicitement, en plein Conseil municipal, que son maître vénéré serait donc le bœuf dont se moque de La Fontaine. Comment comprendre cette contradiction ? En réalité, pour ceux qui connaissent bien les opinions réelles de « petit Denis », et surtout la légendaire affection qu’il porte à son maître, il n’y a là rien là de plus qu’un lapsus révélateur. En comparant son maître au bœuf de la fable, « petit Denis » ne dit que ce qu’il pense vraiment. L’inconscient, lui, ne ment pas. On a beau l’enfermer (complexe de castration), il se fraie toujours des voies inattendues, pour laisser éclore les pensées enfouies dans ses profondeurs.

En dévoilant la pensée profonde de « petit Denis », il est permis de dire que si, dans notre ville, cette fable doit servir, ce n’est que comme mise en garde pour que ne soit pas imités les travers et défauts de cette équipe de droite et d’extrême-droite qui, sur fond d’une honteuse alliance, dirige Épinay-sur-Seine.

« Pauvre Boris », chante Jean Ferrat, lorsque, à dessein, il raillait Richard Anthony entonnant Le Déserteur de Boris Vian. Mais il en va toujours ainsi, quand un esprit médiocre tente, en vain, de reprendre les mots d’un grand auteur, dont il ne saisit pas la portée et moins encore le sens. Il se contredit et affirme, finalement, l’opposé de son intention. Ainsi, après qu’un écrivain réputé (mdr) ait comparé le locataire du château de Bétigny à L’Âne portant des reliques et au roi des étangs, voilà que s’initiant aux comparaisons, « petit Denis » présente ce locataire comme le Boeuf de la fable. C’est le comble de l’ironie.

Pauvre La Fontaine, quand tu es repris par « petit Denis ». Lorsqu’on on a ou qu’on est de peu d’esprit, il faut éviter d’en vouloir trop en faire. Et, le plus désopilant dans l’hésitante lecture de « petit Denis » fut de voir tous les élus de droite et d’extrême-droite rire, sur fond de ce formidable contresens. Quel magnifique spectacle que de voir chacun d’eux chercher dans le rire artificiel de son voisin l’assurance d’avoir compris ce qu’eux-mêmes n’avaient pas saisi. Ah ! Panurge, quand tu tiens les êtres et les organises en cheptel. C’est que les moutons se rassurent et s’abonnent au troupeau par leur bêlement.

Pour finir, « petit Denis », et puisque chaque conseil doit être à la mesure de son destinataire, recevez un amical « petit » conseil : ne prenez jamais à votre propre compte un texte dont vous n’êtes pas l’auteur. Car le risque est d’être semblable au petit écolier qui, n’ayant pas appris son texte, est obligé de le lire ligne après ligne et sans jamais éloigner ses yeux des pages. Vous avez lu « votre » texte comme si vous ne connaissiez pas la procédure administrative dont vous parliez. Laissez donc au roi des étangs lire lui-même son écriture médiocre (dixit une ancienne première adjointe).

Pauvre La Fontaine, quand tu es repris par « petit Denis ».

Cependant, pour saluer l’œuvre magistrale et de si grande actualité, nous avons choisi de publier ce court article, ce 13 avril, date du 399e anniversaire de la mort de notre Jean de la Fontaine.

Insécurité : que se passe t-il dans notre ville ?

Par , le 

vendredi 

11 avril 2014 à 16:00

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…Au lendemain de ces dernières élections municipales, force est de constater que rien ne va plus dans notre ville Épinay-sur-Seine…

Épinay-sur-Seine (PFT)

Épinay-sur-Seine (PFT)

Il y a quelques mois, alors que la jeunesse de cette ville reste très largement défavorisée, fragile et constamment sur le point d’exploser, la municipalité autorise l’organisation d’un « méga » concert de rap, sans anticiper ou désamorcer le cortège de violences que cela peut générer. Bien évidemment, et chacun le comprend, ce n’est pas l’excellente prestation du rappeur qui est ici en cause, mais l’incapacité municipale à prévenir les conflits entre certains jeunes.

Sans vouloir dire que cela n’existait pas avant, notons que depuis cet événement les Spinassiens ne cessent d’être, dans tous les quartiers (le Centre, la Source, les Presles, Orgemont), les témoins de violentes échauffourées de plus en plus fréquentes. En effet, des rivalités inter-quartiers se sont développées et évoluent en querelles qui dégénèrent inévitablement en bagarres, relayées par des « guerres » concurrentielles entre bandes.

Pire ! Ces conflits, ces combats, puisqu’il s’agit bien là d’agressions, de violences physiques, se transforment en véritables traques, chasses à l’homme urbaines…

Que se passe-t-il dans notre ville ?

Dans ce contexte, il est indispensable de réinterroger le pouvoir publique et son autorité ainsi que sa gestion de la protection des administrés…
À l’image du témoignage qui suit, loin d’être une anecdote, les citoyens s’inquiètent, craignent, au point de ne plus oser s’exprimer.

C’est dans ce climat qu’a commencé l’histoire du jeune M., élève au lycée Jacques Feyder.

M. est un lycéen comme les autres, 17 ans, sportif, sans histoire, aîné d’une fratrie de trois enfants, habitant le quartier d’Orgemont et se rendant quotidiennement au lycée. C’est alors, qu’un jour, à la sortie des cours, il est témoin d’une bagarre qui se déroule hors de l’enceinte de ce dernier. Fort d’un sentiment d’injustice, voyant un camarade se faire frapper par plusieurs autres garçons, il se rapproche et tente de séparer la victime de ses agresseurs. Il est ainsi pris à partie par le groupe d’agresseurs qui le frappe et le menace ouvertement de prochaines représailles.

Ces jours-ci, de nouveau à la sortie du lycée, ces mêmes agresseurs, dans une voiture, attendaient M. Puis ils l’ont provoqué, se sont abattus sur lui, le frappant et le blessant.

Ce groupe d’agresseurs, identifiés, habitent le centre ville, territoire désormais interdit à M. sous peine de très graves représailles mais aussi par crainte, ne lui permettant même pas de porter plainte.

C’est ce témoignage de la propre mère de M., contrainte d’accompagner son fils dans tous ses déplacements (alors qu’elle travaille) qui ne peut nous laisser indifférents et interroge profondément sur les capacités de la municipalité à gérer la sécurité de nos concitoyens. Peut-on accepter de craindre d’envoyer nos enfants en cours ? Que compte faire le pouvoir en place ?

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits