Censure municipale et mise en scène du réel

vendredi 

3 mai 2013 à 08:39

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Pourquoi je ne publie aucun article politique dans Épinay en Scène ?
Les mensonges de l’équipe Chevreau :

expression libre

Question de principes

Plus d’un parmi les Spinassiens me demandent ou interrogent mes proches : quels motifs expliquent que je ne publie aucun texte dans la tribune réservée à l’opposition dans Épinay en Scène, la revue publicitaire du maire ?

La raison en est fort simple. Elle se fonde sur des principes. En effet, j’ai refusé et refuserai toujours quelque censure d’idées politiques ou d’opinions sociétales, et ce d’où qu’elles viennent. Le despotisme repose sur la crainte, dit Montesquieu. Et la république, sur l’éducation.

Chacun et tous connaissent ma liberté ; celle qui tire sa force du « droit naturel » et sa raison de l’histoire de la philosophie, depuis que Socrate a payé de sa vie sa liberté de penser. Je relève de cette tradition, n’en déplaise aux épigones de Tarquin. Par suite, aucun gouvernement au monde, nul régime dictatorial, pas même une maison d’édition et encore moins une équipe municipale jamais ne sauront contraindre ma liberté.

À Épinay, j’ai été élu contre la volonté des partis politiques locaux. Je ne suis donc redevable qu’aux citoyens de ma ville. Hervé Chevreau et une partie de son équipe administrative, qui foulent aux pieds les droits élémentaires de l’opposition municipale, ont voulu empêcher mon droit à l’expression politique sur les affaires de la ville, notamment sur les sujets qui fâchent.

Historique des faits de censure

Tout conseiller municipal, en vertu de son mandat et nullement selon une faveur octroyée par le maire, à un libre droit à publier un article, tous les mois. Épinay en Scène n’est pas une « propriété privée ». Elle est éditée avec les impôts de tous.

Le 22 mai 2008, trois mois après les municipales, la Directrice de cabinet du maire m’informait que mon texte « Épinay : Meurtres et dégradation sociale, la faillite d’une politique publique », rédigé après une série de meurtres odieux et d’agressions sur la ville, ne serait pas publié. Pourquoi, demandai-je ? Parce qu’il ne correspondait pas à la ligne éditoriale d’Épinay en Scène et que « la famille [victime] en serait accablée ».

Cet acte de censure a donné lieu à un échange au cours duquel la Directrice de cabinet d’Hervé Chevreau m’a demandé par téléphone de modifier mon texte. J’ai refusé, parce la sécurité des citoyens est l’un des grands enjeux dans notre commune. J’ai répondu à son appel téléphonique par e-mail. Voici l’article tel qu’il avait été soumis pour publication :

Épinay : Meurtres et dégradation sociale, la faillite d’une politique publique
(tribune censurée, mai 2008)

Depuis lors, je n’ai rien publié dans « Épinay en Scène ». Puisque je ne peux pas dire ce que je pense, mais que je dois dire ce que le maire accepte que je pense. On aura tout vu !

Épinay en scène : une mise en scène du réel

Épinay en scène porte bien son titre. En effet, le maire et son équipe redoutent plus que tout, que l’on parle d’insécurité, dans une ville pourtant où quotidiennement des habitants et des automobilistes sont victimes d’agressions (vols, cambriolages, car-jacking, arrachages de sacs, circulation dangereuse, etc.). Mais cela, comme d’autres maux, la revue publicitaire du maire ne l’évoque jamais. Ce sont les histoires à dormir debout qui tiennent le mieux éveillées, dit un anthropologue célèbre.

Et le conte est même mis en scène, dans cette fabuleuse revue publicitaire : la ville est si propre qu’elle n’a pas besoin de poubelles ; les gens sont si heureux qu’ils se le disent et répandent leur joie ; Épinay serait même la seule la ville de France qui n’ait pas de délinquance ; et le conte n’est pas fini, car en prime, on peut lire un bonheur fiscal sur affiches publicitaires : les impôts locaux ont baissé, puisque leur taux n’a pas augmenté ; marchez, les rues sont si bonnes qu’il n’y a aucun nid de poule ; circulez : il n’y pas d’embouteillage. Effets spéciaux, les longues files de voitures qui encombrent les voies et polluent l’atmosphère ne sont qu’illusions ; les poussières industrielles d’Argenteuil détournent leur course, dès qu’elles voient Épinay et contournent notre ville ; l’attribution des logements est si équitable, qu’il n’y a pas de faveurs pour les amis de la municipalité ; les halls d’immeubles sont bien entretenus, que les habitants en sont satisfaits et s’en vantent auprès de leurs invités. Ah merveille des sens, le beau tableau ! Mais si irréel cependant. Walt Disney, lui, est plus modeste dans ses contes : il n’omet pas le revers de la médaille. Il montre l’envers et l’obvers.

 

ALTERNANCE 2014

En 2014, la Ville peut revenir à gauche avec une liste unie et ouverte à la société civile. C’est un enjeu majeur, pour les libertés publiques et individuelles ainsi que le développement réel de notre ville. La gauche  doit se préparer à l’alternance.

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits