Insécurité : que se passe t-il dans notre ville ?

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vendredi 

11 avril 2014 à 16:00

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…Au lendemain de ces dernières élections municipales, force est de constater que rien ne va plus dans notre ville Épinay-sur-Seine…

Épinay-sur-Seine (PFT)

Épinay-sur-Seine (PFT)

Il y a quelques mois, alors que la jeunesse de cette ville reste très largement défavorisée, fragile et constamment sur le point d’exploser, la municipalité autorise l’organisation d’un « méga » concert de rap, sans anticiper ou désamorcer le cortège de violences que cela peut générer. Bien évidemment, et chacun le comprend, ce n’est pas l’excellente prestation du rappeur qui est ici en cause, mais l’incapacité municipale à prévenir les conflits entre certains jeunes.

Sans vouloir dire que cela n’existait pas avant, notons que depuis cet événement les Spinassiens ne cessent d’être, dans tous les quartiers (le Centre, la Source, les Presles, Orgemont), les témoins de violentes échauffourées de plus en plus fréquentes. En effet, des rivalités inter-quartiers se sont développées et évoluent en querelles qui dégénèrent inévitablement en bagarres, relayées par des « guerres » concurrentielles entre bandes.

Pire ! Ces conflits, ces combats, puisqu’il s’agit bien là d’agressions, de violences physiques, se transforment en véritables traques, chasses à l’homme urbaines…

Que se passe-t-il dans notre ville ?

Dans ce contexte, il est indispensable de réinterroger le pouvoir publique et son autorité ainsi que sa gestion de la protection des administrés…
À l’image du témoignage qui suit, loin d’être une anecdote, les citoyens s’inquiètent, craignent, au point de ne plus oser s’exprimer.

C’est dans ce climat qu’a commencé l’histoire du jeune M., élève au lycée Jacques Feyder.

M. est un lycéen comme les autres, 17 ans, sportif, sans histoire, aîné d’une fratrie de trois enfants, habitant le quartier d’Orgemont et se rendant quotidiennement au lycée. C’est alors, qu’un jour, à la sortie des cours, il est témoin d’une bagarre qui se déroule hors de l’enceinte de ce dernier. Fort d’un sentiment d’injustice, voyant un camarade se faire frapper par plusieurs autres garçons, il se rapproche et tente de séparer la victime de ses agresseurs. Il est ainsi pris à partie par le groupe d’agresseurs qui le frappe et le menace ouvertement de prochaines représailles.

Ces jours-ci, de nouveau à la sortie du lycée, ces mêmes agresseurs, dans une voiture, attendaient M. Puis ils l’ont provoqué, se sont abattus sur lui, le frappant et le blessant.

Ce groupe d’agresseurs, identifiés, habitent le centre ville, territoire désormais interdit à M. sous peine de très graves représailles mais aussi par crainte, ne lui permettant même pas de porter plainte.

C’est ce témoignage de la propre mère de M., contrainte d’accompagner son fils dans tous ses déplacements (alors qu’elle travaille) qui ne peut nous laisser indifférents et interroge profondément sur les capacités de la municipalité à gérer la sécurité de nos concitoyens. Peut-on accepter de craindre d’envoyer nos enfants en cours ? Que compte faire le pouvoir en place ?

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits