Un enfant spinassien sur deux vit dans la pauvreté

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lundi 

16 décembre 2013 à 07:21

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En France, selon les derniers chiffres disponibles (2011), 14,3% de la population vit sous le seuil de pauvreté (fixé à 60% du revenu médian). En Seine-Saint-Denis, ce taux était de 24,8% en 2011.

(Reuters/Damir Sagolj)

(Reuters/Damir Sagolj)

Les enfants sont parmi les plus touchés par la pauvreté. En France, 20,3% des enfants de 0 à 17 ans vivaient dans un foyer pauvre en 2011. En Seine-Saint-Denis, ils étaient au moins 34% mais les estimations varient, jusqu’à 37,5% en croisant avec les estimations de la CAF. Ces chiffres se sont depuis aggravés sous l’effet de la crise, et faute d’estimation plus précise, l’estimation de 40% au moins (2 enfants sur 5) doit être retenue.

Épinay-sur-Seine est l’une des villes les plus touchées par la pauvreté en Seine-Saint-Denis. Rappelons que la ville est l’une des 11 communes sur les 40 du département où le moins de foyers sont soumis à l’imposition des revenus et que le taux de chômage et le taux d’activité d’Épinay en font l’une des villes du département où la plus grande part de la population est privée d’emploi.

Enfin, rappelons que la ville est l’une des plus dynamiques en termes de démographie, avec beaucoup de familles nombreuses. Près de 30% des familles avec enfants à Épinay (28,6% en 2010) comptent 3 enfants ou plus ! Nombre d’entre elles sont d’ailleurs en situation de suroccupation (nombre de personnes par surface réelle) de leur logement avec de lourdes conséquences sur les conditions de vie et la scolarité des enfants. Problème auquel le maire et son équipe municipale n’ont jamais su apporter de réponses.

En tenant compte de ces données statistiques et des disparités au sein du département, la pauvreté des enfants approche ou dépasse le taux de 50% sur le territoire d’Épinay. En clair, à Épinay-sur-Seine, un enfant sur deux vit dans un foyer pauvre, avec moins de 977 euros de ressources par personne et par an (revenus totaux y compris salaires, allocations, aides), soit moins de 2,67 euros par jour. En France, la moyenne est d’un enfant sur cinq.

Pour répondre à cette injustice, l’équipe municipale sortante a financé la construction d’un hypermarché Auchan axé sur le hard discount. Ce n’est pas seulement un mauvais bilan. C’est une faute morale. Une autre politique publique est nécessaire qui replace l’enfance pauvre au cœur de la politique municipale.

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits