Ségolène Royal : merci pour cette proposition

jeudi 

16 octobre 2014 à 07:10

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Péage autoroute (D.R)

Péage autoroute (D.R)

Depuis mai 2012, et après toute une kyrielle de mesures fiscales prises par le gouvernement socialiste, enfin, oui enfin, Ségolène Royal fait l’annonce d’une double proposition inédite : « péage gratuit le week-end » pour tous les usages (automobilistes et motards) et une baisse de 10% des tarifs de péage. Bravo, et merci pour cette proposition.

Depuis la privatisation des autoroutes (2002, 2004 et 2006), les sociétés de gestion des infrastructures routières ont accumulé d’énormes profits, avec un seuil de rentabilité qui atteint à présent près de 25% annuel, ce qui représente un taux de profit bien plus élevé que celui des spéculations boursières (10 à 12%) vers lesquels s’orientent volontiers le marché des capitaux, au détriment des investissements dans les industries et les entreprises.

Les journaux Libération, Les Échos, La Haute Marne, La Montagne, La République des Pyrénées, La Nouvelle République du Centre-Ouest, L’Est républicain, La Charente Libre, etc., aux noms qui renvoient à la liberté et à l’égalité, se sont dressés comme un seul homme face à cette femme audacieuse. C’est qu’aujourd’hui l’audace, si chère à Danton, inquiète. Mais les railleries de ces quotidiens, devenus que les porte-flingues des milieux d’affaires, sont plutôt bon signe.

Alors, Ségolène Royal, ne vous laissez pas impressionner par les analyses de Libération. Votre proposition sur la gratuité est universelle, car elle ne concerne pas que les familles françaises les plus modestes et les plus pauvres. Mais bien tous les usagers des autoroutes en fin de semaine, quelle que soit leur type ou le modèle de véhicules, haut ou bas de gamme. Ce qui manifestement frustre Libération, c’est que les classes moyennes et les classes pauvres en soient les premières bénéficiaires.

Tenez bon. Si vous n’y renoncez pas, cette proposition permettra à nombre de familles françaises qui, en raison de la crise financière dont elles ne sont pas à l’origine, et qui sont contraintes d’organiser des séjours (de vacances ou de découvertes) de plus en plus courts (2 à  4 jours), de pouvoir quitter les grandes villes ou les banlieues pour y gagner en espace de liberté et en repos. Le tourisme intérieur, qui gagne des parts de marché, devrait mieux s’en porter. La consommation des ménages, un des principaux moteurs de la croissance, devrait être confortée, par cette proposition. Car ce que les usagers français ne paieront pas aux sociétés autoroutières, ils les dépenseront dans d’autres secteurs. Au fond, si une telle proposition était adoptée, outre qu’elle soit utile et « nécessaire », elle ne mettrait nullement en péril les comptes de résultats nets des sociétés autoroutières. Il s’en faudrait même de beaucoup. Les 18 milliards d’investissement en 10 ans (pour l’entretien, la valorisation, la création de nouveaux axes, etc.) faits par l’ASFA ne constituent, en aucun cas, un risque. Ce sont des investissements dont la rentabilité est assurée d’avance par une exploitation juteuse des tarifs.

L’argument facile selon lequel cette proposition « brouille » la politique écologique du gouvernement  montre d’évidentes limites. En effet, en quoi la suppression de l’écotaxe est-elle incompatible avec la gratuité des autoroutes qu’en fin de semaine ? Pourquoi préjuger d’une invasion des autoroutes, avec une élévation du niveau de pollution ? La cohorte de journalistes si prompte à se ruer sur la Ministre de l’Écologie seraient bien inspirés de lire les « programmes verts » de l’Association des Sociétés Françaises d’Autoroutes et d’ouvrages à péages (ASFA), dont les principaux axes sont la protection de la ressource en eau, la préservation de biodiversité, le dispositif antibruit, l’éco-rénovation des aires et la réduction de CO2. Car rien n’interdit le renforcement de ces « programmes verts », par l’une des autres mesures phares, la promotion des véhicules propres, enjeu majeur du siècle.

Ségolène Royal, ne reculez pas. Tenez ferme ! Il y a vingt-deux sociétés d’autoroutes, dont les plus grandes sont Eiffage, Vinci et Abertis. Elles se sont réunies au sein de l’ASFA. Et ce n’est pas être contre elles, que leur demander une petite réduction de leurs marges, dans le triple but de ne pas alourdir la fiscalité sur les véhicules lourds, de faciliter les déplacements des vacanciers du week-end, de sécuriser la circulation routière et surtout pour éviter les risques de colère sociale.

 De même, baisser de 10% les tarifs de péage, pour compenser l’abandon de l’écotaxe n’affaiblira pas l’ASFA. Longtemps encore, les concessions (délégation de service public) qui exploitent 7900 sur 9000 kilomètres d’autoroutes resteront avantageuses.
Somme toute, la proposition de Ségolène Royal, qui relève du « bon sens », est un signal de la présence de l’État comme organe d’équilibre politique et d’équité sociale.

C’est, croyons-nous, depuis deux ans, un des premiers messages de gauche adressé aux Français, afin qu’ils ne désespèrent pas de François Hollande. C’est pourquoi Ségolène Royal fait l’objet d’attaques si violentes. Nos « brillants » analystes ont bien compris la portée tactique et le sens politique de sa proposition. Il y a, en elle, l’esquisse d’un rééquilibrage. Que Ségolène Royal tienne donc bon ! Car quelle signification politique et historique aurait ce quinquennat, déjà fortement fragilisé, s’il n’aura finalement servi qu’à affaiblir les pauvres ? Comment, sous la gauche, les pauvres devraient-ils encore perdre en pouvoir d’achat et voir leur niveau de vie se dégrader ?
Au reste, pour la gauche, il ne sert à rien de faire une politique de droite. Elle perdra forcément. Comme la droite s’est perdue à suivre l’extrême-droite. Parce que poursuivre, c’est toujours d’abord suivre. La leçon est évidente.

Manuel Valls, qui aime tant les entreprises, et nul ne peut le lui reprocher, se trompe cependant sur les sociétés autoroutières. Elles ne mourront pas, de l’effort qui leur serait demandé. Tout au contraire. Voyez-vous François Sergent, votre éditorial (Libération du 15 octobre 2014) évoque une « sortie de route » de Ségolène Royal. Votre image qui emprunte au vocabulaire routier est, à l’évidence, une exagération mais surtout une erreur. En vérité, sa proposition est l’amorce même d’une entrée dans l’autoroute. Enfin ! Et ne vous en déplaise.

Lecture et lutte contre l’illettrisme, une urgence pour Épinay

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mercredi 

19 mars 2014 à 12:35

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Contrairement à une opinion fortement répandue, le fait d’habiter dans les villes ne protège pas forcément de l’illettrisme. C’est d’ailleurs le cas particulièrement en Île-de-France : en 2011, 13 % des Franciliens âgés de 18 à 65 ans rencontrent des difficultés importantes dans les trois domaines fondamentaux de l’écrit : la lecture, l’écriture de mots et la compréhension d’un texte simple, selon l’Insee. C’est plus que la moyenne des autres régions métropolitaines (11 %) et cela signifie que plus d’un million de Franciliens sont en difficulté face à l’écrit.

Jusqu’à 11 000 Spinassiens directement concernés

Les inégalités au sein de la région sont importantes et la Seine-Saint-Denis est au premier rang des zones touchées. Les tests de lecture pratiquées lors de la Journée d’appel à la préparation à la défense demeurent une base intéressante. Ainsi en 2008, dans le département, 18 % des jeunes avaient des difficultés de lecture, et 8,3 % de graves difficultés. Ce dernier chiffre place le 93 au deuxième rang des départements métropolitains. Un constat d’autant plus catastrophique que l’on sait que ces difficultés augmentent en proportion avec l’âge.

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Cela tient à plusieurs facteurs, notamment la corrélation soulignée par l’Insee entre illettrisme et chômage (un chômeur de la région sur sept est touché), ou le fait de n’avoir pas suivi de scolarité, ou d’avoir été scolarisé à l’étranger. La proportion de personnes illettrées est également plus importante dans les Zones urbaines sensibles, comme le précise l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme : dans les ZUS (et Épinay en comprend deux), le pourcentage de personnes en situation d’illettrisme est deux fois plus élevé que dans le reste de la population selon les chiffres parus en 2013.

Même s’il n’existe pas de données localisées au niveau de la commune, il ne fait donc aucun doute que de nombreux habitants de la ville sont concernés par ce mal, à hauteur de 15 à 20% de la population environ, soit entre 8 400 et 11 000 Spinassiens environ, de tous les âges.

Un enjeu oublié par la municipalité sortante

Des dispositifs de lutte contre l’illettrisme existent heureusement, dotés de moyens, notamment au sein du GIP Défi Métiers (ex-CARIF), abondé par la région et par l’État. Une mission régionale de lutte contre l’illettrisme existe ainsi en son sein, pour une meilleure prise en compte de cet enjeu dans les politiques régionales de formation et d’emploi.

Cela ne peut cependant pas suffire, et les enjeux localisés au niveau d’une commune comme Épinay doivent mobiliser des acteurs locaux, à commencer par la municipalité elle-même. L’inaction de l’équipe sortante est ainsi en la matière inquiétante, comme si l’enjeu lui échappait totalement. Aucune action spécifique, aucune ressource municipale sur le sujet n’est ainsi accessible. C’est une omission déplorable.

Ainsi, l’essentiel de la politique du livre et de la lecture à Épinay a été à vrai dire abandonné à Plaine Commune, qui a notamment permis la construction de la Médiathèque Colette dans le Centre-Ville. Mais le manque d’exigence de la ville se ressent dans le fonctionnement de la médiathèque, comme des deux autres (petites) médiathèques de la ville. Ces problèmes avaient été relayés il y a plusieurs mois ici-même, ainsi que la dégradation quantitative et qualitative des collections depuis le transfert, nombreux étant les lecteurs à regretter la médiathèque Mendès-France beaucoup plus fournie en ouvrages. Sans parler de choix qui ne peuvent être qualifiés autrement que de démagogiques. Le seul intérêt des médiathèques d’Épinay est finalement de pouvoir accéder aux ouvrages des communes voisines, et la conclusion que nous en tirions ne peut être que répétée : « les trois bibliothèques ne sont ainsi guère autre chose que des guichets de prêt, afin d’accéder aux livres appartenant à des communes mieux dotées ».

Le problèmes des amplitudes horaires

Il faudrait encore citer le problème des horaires d’ouverture. La médiathèque Colette est ainsi ouverte cinq jours sur sept, de 15h à 19h30 les mardi et jeudi, et de 10h à 18h les mercredi, vendredi et samedi. Soit 33 heures par semaine en tout et pour tout, et encore moins à Albert-Camus (23h30 par semaine)  et à Jules-Vallès (16 heures). Quand les bibliothèques parisiennes et d’autres grandes villes atteignent les 40 heures d’ouverture, et que les pays européens ouvrent leurs bibliothèques au public près de 100 heures par semaine, y compris le dimanche, et en nocturne jusqu’à 22 heures !

Comme le dénonce l’association Bibliothèques sans Frontières, de telles amplitudes horaires sont nettement insuffisantes et « dignes de celles d’un pays en voie de développement ».  Une pétition soutenue par de nombreux écrivains a ainsi été lancée il y a deux mois pour étendre les horaires des bibliothèques notamment en soirée et le dimanche et réunit à l’heure actuelle plus de 12 000 signataires, et l’importance de cet enjeu a été depuis soulignée par le gouvernement.

Une étape majeure avec Yannick Trigance : le plan lecture du nouvel Épinay

Le programme présenté la liste Tous unis pour un nouvel Épinay conduite par Yannick Trigance a tenu compte de la problématique de l’illettrisme, et plus généralement de l’accès à la lecture et au livre. Les propositions y sont claires, fermes et courageuses :

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  • L’élaboration d’un plan lecture pour lutter contre l’illettrisme et fixer les priorités à ce niveau ;
  • Au sein de ce plan lecture, l’enrichissement des collections municipales, pour des médiathèques qui soient avant tout des bibliothèques, avec un fonds bibliographique suffisamment fourni et abondé en permanence ;
  • La question des horaires d’ouverture, y compris le week end et en soirée, sera également prise en compte, à travers la proposition effectuée d’adapter les horaires de tous les services publics à l’emploi du temps des habitants ;
  • Le plan comprend aussi la création d’un salon du livre annuel, et d’un prix littéraire mettant à l’honneur un grand auteur ;
  • Enfin une proposition est formulée pour accueillir des entreprises culturelles, notamment dans le domaine de l’édition, en partenariat avec les pôles universitaires voisins.

Si la liste « Tous unis pour un nouvel Épinay » conduite par Yannick Trigance est élue, elle saura faire de la lutte contre l’illettrisme une réalité, et du livre et de la lecture une ambition concrète pour Épinay. Ville populaire, elle peut cependant prétendre à être intégrée dans le tissu culturel et littéraire francilien, et bénéficier au titre de cette politique des retombées de Plaine Commune, labellisé « territoire de la culture et de la création » au sein du Grand Paris.

Ces engagements ne sont pas seulement les meilleurs de tous les candidats sur ces questions, à Épinay. Ce sont aussi les seuls.

2001-2014 : le désastreux bilan

Par , le 

mardi 

11 mars 2014 à 07:55

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Épinay – Santé : une médecine scolaire inexistante

Par , le 

lundi 

24 février 2014 à 08:29

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Il y a quelques mois la FCPE 93 lançait le signal d’alarme : « Épinay-sur-Seine est ainsi la plus grande ville de Seine Saint-Denis sans médecine scolaire. 10 000 enfants de la maternelle au lycée (13 maternelles, 15 élémentaires soit 6 710 élèves, 4 collèges et 2 lycées) dépendent ainsi de la médecine scolaire de Saint-Denis, faute de postulant(e)s sur les 2 postes budgétés. » La question de la santé scolaire dans les écoles maternelles et primaires relève bien de la commune et donc du maire.

Une médecine scolaire inexistante et des situations dramatiques

Il n’y a donc ni médecin, ni infirmière scolaire dans notre ville et ce sont nos enfants qui en subissent les conséquences. Chacun comprendra fort bien que mal voir, mal entendre ou avoir une pathologie, telle que l’asthme ou le diabète perturbe la scolarité d’un enfant. De nombreuses pathologies nécessitent des soins à heures fixes et c’est pour cela qu’un enfant vivant une telle situation a absolument besoin d’un encadrement médical pour être rassuré et suivre une scolaire « normale ». Une maladie ou un handicap ne doit pas être au cœur de ses préoccupations en milieu scolaire. C’est pourquoi, l’absence de personnel médical en milieu scolaire, à Épinay, constitue une double peine pour ces enfants.

Dans notre ville aujourd’hui, certains enfants doivent s’administrer eux-mêmes leurs traitements (piqûres) car leurs enseignants, parce qu’ils ne sont pas habilités à donner un traitement médical, refusent de prendre ce risque. Souvent, certains parents sont contraints de quitter précipitamment leur lieu de travail pour assister leurs enfants ou décider de leur départ pour l’hôpital. Ces situations tendues seraient éviter s’il existait un service de santé scolaire dans notre ville.

École maternelle Jean Jacques Rousseau à Épinay-sur-Seine (D.R)

École maternelle Jean Jacques Rousseau à Épinay-sur-Seine (D.R)

Par ailleurs, la médecine scolaire a aussi pour mission de repérer les enfants victimes de maltraitance. Elle a pour fonction de veiller à la bonne santé physique et psychique des enfants.

Des solutions existent

  • Mise en place d’une médecine scolaire
  •  Le Projet d’Accueil Individualisé (PAI) : « Un projet d’accueil individualisé PAI) est mis en place pour un enfant atteint de maladie chronique, d’allergie ou d’intolérance alimentaire, accueilli en collectivité. C’est notamment le cas pour l’enfant qui fréquente une crèche ou une halte garderie, une école, un collège, un lycée ou un centre de vacances ou de loisirs. Il peut concerner le temps scolaire mais aussi périscolaire, et se nomme ainsi parfois PAIP (projet d’accueil individualisé périscolaire). » Le PAI est aussi une chance pour l’enfant qui peut ainsi suivre une scolarité normale.

Que la municipalité actuelle, de droite, refuse de traiter problème et déclare que :« la médecine scolaire, ça n’intéresse personne. » démontre, une nouvelle fois, qu’elle est peu préoccupée par le destin des Spinassiens les plus fragiles.

Pauvreté : Épinay en première ligne

Par , le 

vendredi 

14 février 2014 à 09:35

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Il y a quelques jours était publiée par le Compas (Centre d’observation et de mesure des politiques sociales) une étude consacrée aux taux de pauvreté des 100 plus grandes communes de France . Les chiffres inquiètent, et mettent en évidence la gravité des inégalités qui règnent aujourd’hui en France et qui, loin de se résorber, se renforcent d’année en année, jusqu’au cœur des zones urbaines.

Le 93 premier touché

Le taux de pauvreté dans les 100 premières communes de France varie fortement, entre 7% et 45% de pauvres (le seuil de pauvreté étant défini comme un revenu, toutes ressources comprises, équivalent à 60 % du revenu médian). Si Roubaix détient le record de France (45%) et que la moitié des dix communes les plus pauvres sont des villes d’outre-mer, la Seine-Saint-Denis est le département le plus représenté dans le haut de ce classement avec Aubervilliers (39%), Saint-Denis (34%), Épinay-sur-Seine (30%) et Pantin (30%).

Encore faut-il préciser, comme le fait L’Humanité, que les villes plus petites sont également fort touchées. Avec un peu plus de 54 000 habitants au recensement de 2011, Épinay est en effet la 99e ville de France en termes de population, or beaucoup de communes du 93 sont plus petites, comme Clichy-sous-Bois (45% de pauvres). Une situation d’autant plus choquante au regard des contrastes au sein de la région parisienne. En effet, parmi ce classement, « neuf des dix communes où le taux de pauvreté est le plus faible (entre 7 et 10 %) sont situées dans l’Ouest parisien, qui compose le cœur aisé du pays » comme le précisent Louis Maurin et Violaine Mazery dans leur analyse. Constat qui souligne une nouvelle fois l’urgence de la péréquation en Île-de-France, que seule la suppression des séparations administratives au sein de la petite couronne parviendra à résorber.

Épinay parmi les points noirs

Épinay est bel et bien l’un des foyers de pauvreté au sein de la banlieue nord de Paris, qui constitue elle-même la zone la plus sinistrée en région parisienne. Aujourd’hui donc, au cœur de la grande métropole parisienne, et à 30 minutes du cœur politique de la capitale, sévit donc la pauvreté à grande échelle, « n’en déplaise au discours ambiant selon lequel il n’y aurait de pauvreté que dans les zones périurbaines » comme le relève Louis Maurin.

Les facteurs de cette pauvreté urbaine persistante sont multiples. Le manque d’emploi peut aussi bien être une cause qu’un symptôme de cette pauvreté. De fait, l’Île-de-France demeure forte pourvoyeuse d’emploi, comme le montre le contraste de taux de chômages entre des communes géographiquement proches, par exemple entre Épinay et des villes du 92 ou du 95.

Le fort taux de chômage et la pauvreté qui en découle sont donc, pour Épinay, à la fois le signe d’un manque de dynamisme économique très localisé et la conséquence d’un peuplement subi et d’une politique de logement incontrôlée. Comme le rappelle en effet l’analyse, parmi les facteurs de pauvreté se trouve « le type de peuplement des communes (et par exemple l’implantation de populations immigrées démunies), l’histoire des politiques locales de logement social et l’évolution des prix de l’immobilier ou l’existence d’un parc privé accessible à des catégories défavorisées. »

C’est sur ces facteurs qu’il importe d’agir en premier lieu. Malheureusement, la municipalité actuelle a aggravé la situation locale de l’emploi, avec aujourd’hui 1 000 emplois perdus par an, et n’a rien fait pour favoriser la mixité sociale, se réjouissant au contraire de « l’accroissement de la paupérisation d’Épinay ».

Logement : la grande tromperie des opérations de démolition-reconstruction à Épinay

Par , le 

vendredi 

7 février 2014 à 07:51

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Récemment encore sur demain.tv ainsi que dans ses diverses déclarations de campagne, le maire sortant se targue – sans craindre le ridicule – d’un « remarquable bilan » et se plait à discourir sur la rénovation urbaine. Au cœur de cette logique figure la démolition et la reconstruction de logements. Pourtant, sur le terrain, cette entreprise est à la fois une catastrophe pour les habitants, un immense gâchis pour la commune et une forme de détournement des politiques publiques au profit d’intérêts privés.

Sur le papier, un triomphe

Centre ville Épinay-sur-Seine (PFT, 2014)

L’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) est l’agence chargée de mettre en œuvre le Programme national de rénovation urbaine (PNRU) défini par la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003, dite « loi Borloo ». La ville d’Épinay-sur-Seine et la communauté d’agglomération Plaine Commune ont signé en 2006 avec l’ANRU, une « convention de mise en œuvre du renouvellement urbain d’Épinay-sur-Seine », pour une enveloppe globale de 242 millions d’euros, dont 79 millions d’euros financés par l’Agence et le reste (soit 163 millions d’euros) par les différentes collectivités territoriales (commune, intercommunalité, mais aussi département et région).

Sur le papier, le plan était ambitieux : le projet concernait ainsi « 65 % de la population de la ville » et prévoyait « la réhabilitation de 693 logements et la construction de 817 logements sociaux neufs », ainsi que la réalisation de plusieurs équipements : « des centres socioculturels, une médiathèque ou encore une résidence pour personnes âgées ». Le bilan, quoiqu’un peu inférieur aux réalisations annoncées, reste flatteur, mais là également uniquement sur le papier. C’est ce dont se targue le maire sortant à coup d’infographies déconnectées de la réalité : 683 logements démolis et 995 reconstruits d’après l’équipe de campagne sortante, 2 écoles construites, 10 copropriétés aidées…

Sur le terrain, les problèmes subsistent

Les premiers signaux d’alarme sont venus dès les premières semaines après l’inauguration de logements. Infiltrations, malfaçons, insécurité, les habitants de logements pourtant parfois situés en Centre ville, à deux pas de la mairie, ont rapidement fait part des problèmes qu’ils rencontraient. Beaucoup de ces résidents à qui l’on avait présenté le relogement dans ces constructions neuves comme une chance ne pouvaient pas ignorer, par ailleurs, qu’ils perdaient bien souvent en surface pour un prix plus élevé, alors même que les prix de l’immobilier à Épinay n’ont pas évolué sensiblement ces dernières années, ni surtout les ressources de chacun.

Sans réelle amélioration de leurs conditions de vie, et confrontés à des loyers plus élevés, les habitants des nouveaux immeubles sont en réalité plus souvent en difficulté, et déplorent le manque d’écoute de la mairie. Pendant ce temps, les vrais problèmes, qui existaient auparavant, persistent. L’insécurité en premier lieu : rue Dumas, malgré les démolitions et les reconstructions, le trafic demeure une réalité permanente, l’espace public est quadrillé par les guetteurs, l’économie souterraine ne l’est plus depuis longtemps.

Un plan qui bénéficie aux promoteurs, pas aux Spinassiens

Les opérations de démolition-reconstruction furent la réponse principale apportée par la droite « chiraco-sarkozyste » à la « crise des banlieues ». Là où le constat était avant tout social et éducatif, la droite a décidé de faire de l’immobilier. Or ces opérations n’ont fait évoluer ni la population, ni ses difficultés. Le comité de suivi et d’évaluation de l’ANRU a lui-même remarqué dans ses rapports annuels que ces opérations n’ont agi sur le niveau social de la population qu’à la marge et n’ont absolument pas atteint les objectifs initiaux de mixité sociale. En n’agissant que sur les murs, il était difficile d’espérer mieux. Le dernier rapport du CES de l’ANRU, en 2013, souligne ainsi de façon inquiète qu’au-delà de la pure opération de BTP, « les autres objectifs du PNRU (banalisation des quartiers, mixité sociale, réduction des écarts) ne seront que partiellement atteints et ne permettront pas de changer radicalement la donne dans la majorité des quartiers.

Le géographe Christophe Guilluy décrit parfaitement le déficit conceptuel qui fonde la grande erreur de l’ANRU :

« Les opérations de démolitions-reconstructions, qui entretiennent l’illusion de faire disparaître les difficultés, n’ont qu’un impact social limité. Elles donnent parfois l’opportunité à certains maires de disperser quelques familles immigrées, souvent africaines, dans des communes ou quartiers mitoyens, mais ne traitent aucune question de fond. […] Ces opérations, souvent contestées par les habitants, représentent une forme d’apogée de la réponse politico-médiatique. Il s’agit de démontrer à l’opinion (surtout celle qui vit à l’extérieur des quartiers) que « les choses bougent » par la volonté politique. Quoi de plus médiatique qu’une démolition d’immeuble ? »

De fait, sur les 242 millions d’euros investis dans la convention, l’immense majorité a bénéficié aux firmes du bâtiment et des travaux publics qui ont accompli les travaux. La rénovation urbaine à Épinay bénéficie aux promoteurs. La vie des Spinassiens, elle, n’a pas changé. Même les équipements créés sont soit en nombre trop faible, soit non réalisés, soit sans véritable valeur ajoutée (beaucoup d’habitants, initialement séduits par l’inauguration d’une nouvelle médiathèque, regrettent pourtant aujourd’hui les collections bien plus riches de la médiathèque Mendès-France).

Un nouvel élan pour la rénovation urbaine

Pourtant, le maire d’Épinay continue de faire la promotion de cette vision dépassée, que le CES de l’ANRU lui-même invite à faire évoluer. Dans sa récente interview pour demain.tv, il remercie ainsi les Spinassiens qui selon ses propres mots « subissent » les travaux, et promet encore « 6 ans de travaux », jusqu’à la fin du prochain mandat, en 2020.

Heureusement, un autre choix est possible. Car il est possible de suivre les recommandations du CES de l’ANRU et d’adopter de nouveaux principes directeurs de l’action publique dans les quartiers. Comme le résume le site du CES :

« Plutôt que de « casser les ghettos » et de les adapter à une norme hypothétique, il faudrait miser sur les potentialités des quartiers et les atouts de leurs habitants. Il s’agit de faire en sorte que les habitants vivent mieux dans leur quartier, dont les potentialités seraient affirmées, et que ceux-ci soient mieux intégrés dans leur environnement. »

C’est là le cœur de la prochaine étape de la rénovation urbaine, que le gouvernement travaille à concevoir aujourd’hui. Et la gauche unie, à Épinay, dispose à la fois des outils d’analyse et de la connaissance du terrain nécessaires pour ne pas reproduire les graves erreurs de l’équipe sortante, et concevoir, avec les Spinassiens, un nouveau projet de ville, plus humain, apte à prendre en compte les problèmes réels des habitants, à changer la vie des Spinassiens en leur donnant l’accès à de meilleurs conditions de vie et en faisant progresser la ville dans les faits.

Épinay relégué à la marge : de la banlieue parisienne à la banlieue dionysienne

Par , le 

jeudi 

6 février 2014 à 08:01

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Il y a quelques semaines, l’actuel maire sortant d’Épinay-sur-Seine était reçu sur la chaîne locale demain.tv, pour évoquer la ville et son avenir dans le cadre du Grand Paris. Une interview riche en enseignements, mais aussi relativement inquiétante quant aux projets de cette municipalité de droite pour l’avenir d’Épinay.

La médiocrité du maire sortant

Le premier de ces enseignements, c’est l’incompétence, voire la médiocrité du maire, qui malgré 13 ans de mandat connaît visiblement toujours aussi mal Épinay et son histoire. La question – habituelle dans cette émission – sur le passé de la ville est ainsi l’occasion d’une réponse bien confuse du maire :

« Bah l’histoire d’Épinay-sur-Seine était euh… euh… il y a très très longtemps euh je dirais une ville euh… une ville euh agricole qui vivait essentiellement de la vigne, qui vivait de l’agriculture, et puis après au niveau du XVIe siècle est arrivé effectivement les transports en commun, quand je dis transports en commun l’arrivée du chemin de fer, et là on a effectivement industrialisé Épinay-sur-Seine. Des industries du cinéma bien sûr un peu plus tard, mais tout au début c’était essentiellement de la… de l’agro-alimentaire, mais aussi euh je dirais des métiers de… liés à la métallurgie. »

Si l’on passe sur l’incapacité de ce maire à parler un français à peu près correct, on reste toutefois surpris d’une telle inculture, qui voit le chemin de fer rejoindre Épinay trois siècles avant l’heure, et les industries alimentaires et métallurgiques se développer avant les studios, alors qu’elles se développèrent surtout à partir de l’entre-deux-guerres (les studios s’étant développés, eux, dans les années 1900). Hervé Chevreau aurait pu citer le passé de l’industrie du verre à Épinay, depuis la première fabrique en 1873 jusqu’à la verrerie Schneider fondée en 1913, mais il ne faut apparemment pas lui en demander tant.

Économie : le maire a capitulé  face à Saint-Denis

Mais l’interview ne s’arrête heureusement pas à l’étalage de la méconnaissance historique de Monsieur Chevreau. Celui-ci se voit en effet interrogé sur l’identité économique d’Épinay, et l’avenir de la ville. Problème : l’avenir économique d’Épinay selon le maire sortant se trouve apparemment… ailleurs !

« Aujourd’hui il faut se projeter dans la communauté d’agglomération Plaine Commune donc où là le développement se fait essentiellement euh sur euh sur le nord de Paris, sur la porte d’Aubervilliers et Saint-Denis essentiellement, avec le… avec tout… tout ce qui se travaille autour de Pleyel et au niveau de… de la porte de Paris. »

Le développement d’une activité économique à Épinay n’inquiète apparemment donc pas le maire sortant, alors même que la ville perd plus de 1 000 emplois par an ces dernières années et que le chômage y sévit sévèrement. Au contraire, il fait une nouvelle fois montre de son incapacité à se saisir d’une problématique majeure, et admet la transformation d’Épinay en cité-dortoir, sujette à toutes les fluctuations de l’économie et de l’emploi, sans aucune prise sur ces évolutions.

Ce désintérêt complet du maire d’Épinay se traduit aussi par un manque total de combativité au niveau de Plaine Commune. Alors que les industries spinassiennes – à commencer par celle du cinéma – se voient progressivement accaparées par les communes du cœur intercommunal, aucun projet économique n’est développé à Épinay.

Ainsi, alors que toutes autres les villes de Plaine Commune bénéficient de projets, quoique très inégalement, Épinay n’en comprend aucun. Dans le récent Contrat de développement territorial 2104-2030 , Épinay est carrément éliminé de la carte des projets de développement de Plaine Commune !

« La carte des projets de développement du CDT de Plaine Commune fait disparaître Épinay sous la légende… »

Épinay relégué à la marge : de la banlieue parisienne à la banlieue dionysienne

Hier dans la banlieue parisienne, Épinay se retrouve de plus en plus relégué à la marge de la banlieue, ou dans la banlieue dionysienne, et au profit de Saint-Denis et des communes plus centrales (Aubervilliers, Saint-Ouen).

Le développement du Tram’Y renforce cette évolution, puisqu’elle place les Spinassiens plus près de Saint-Denis : le maire d’Épinay se trompe ainsi une nouvelle fois, ou il ment, lorsqu’il affirme, toujours dans la même interview, que le tramway reliera Épinay à la porte de la Chapelle. Le prolongement au sud, d’abord, n’est qu’à l’étude, et rien ne garantit sa réalisation. Ensuite, il n’est prévu que jusqu’à la future gare Rosa-Parks du RER D, dans le XIXe arrondissement, à la limite d’Aubervilliers et très loin des quartiers parisiens pourvoyeurs d’emploi et des grandes lignes intérieures de la capitale. De fait ce prolongement du tramway viserait bien plus à joindre les quartiers résidentiels des XVIIIe et XIXe arrondissements parisiens à la Plaine Saint-Denis, que de rapprocher Épinay de Paris.

En revanche, les futures lignes du « Grand Paris Express » ne concerneront pas Épinay.  la ligne 14 ne sera prolongée de la gare Saint-Lazare que jusqu’à Saint-Denis, tandis que les lignes 15, 16 et 17 relieront également La Défense, Roissy et l’ensemble des pôles d’activité franciliens à Saint-Denis tout en évitant soigneusement Épinay et les communes limitrophes (Argenteuil notamment).

Démolitions-reconstructions : mensonge à grande échelle

Reste un chapitre sur lequel le maire sortant s’étend plus longuement et dont il se montre apparemment très fier : la « rénovation-requalification » de la ville, en coopération avec l’ANRU. Les conséquences actuelles pour la ville sont plus dramatiques encore. Elles feront l’objet d’un nouvel article dans quelques jours.

Un enfant spinassien sur deux vit dans la pauvreté

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lundi 

16 décembre 2013 à 07:21

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En France, selon les derniers chiffres disponibles (2011), 14,3% de la population vit sous le seuil de pauvreté (fixé à 60% du revenu médian). En Seine-Saint-Denis, ce taux était de 24,8% en 2011.

(Reuters/Damir Sagolj)

(Reuters/Damir Sagolj)

Les enfants sont parmi les plus touchés par la pauvreté. En France, 20,3% des enfants de 0 à 17 ans vivaient dans un foyer pauvre en 2011. En Seine-Saint-Denis, ils étaient au moins 34% mais les estimations varient, jusqu’à 37,5% en croisant avec les estimations de la CAF. Ces chiffres se sont depuis aggravés sous l’effet de la crise, et faute d’estimation plus précise, l’estimation de 40% au moins (2 enfants sur 5) doit être retenue.

Épinay-sur-Seine est l’une des villes les plus touchées par la pauvreté en Seine-Saint-Denis. Rappelons que la ville est l’une des 11 communes sur les 40 du département où le moins de foyers sont soumis à l’imposition des revenus et que le taux de chômage et le taux d’activité d’Épinay en font l’une des villes du département où la plus grande part de la population est privée d’emploi.

Enfin, rappelons que la ville est l’une des plus dynamiques en termes de démographie, avec beaucoup de familles nombreuses. Près de 30% des familles avec enfants à Épinay (28,6% en 2010) comptent 3 enfants ou plus ! Nombre d’entre elles sont d’ailleurs en situation de suroccupation (nombre de personnes par surface réelle) de leur logement avec de lourdes conséquences sur les conditions de vie et la scolarité des enfants. Problème auquel le maire et son équipe municipale n’ont jamais su apporter de réponses.

En tenant compte de ces données statistiques et des disparités au sein du département, la pauvreté des enfants approche ou dépasse le taux de 50% sur le territoire d’Épinay. En clair, à Épinay-sur-Seine, un enfant sur deux vit dans un foyer pauvre, avec moins de 977 euros de ressources par personne et par an (revenus totaux y compris salaires, allocations, aides), soit moins de 2,67 euros par jour. En France, la moyenne est d’un enfant sur cinq.

Pour répondre à cette injustice, l’équipe municipale sortante a financé la construction d’un hypermarché Auchan axé sur le hard discount. Ce n’est pas seulement un mauvais bilan. C’est une faute morale. Une autre politique publique est nécessaire qui replace l’enfance pauvre au cœur de la politique municipale.

La réouverture d’une CAF bloquée par le maire depuis 2010

Par , le 

mardi 

3 décembre 2013 à 08:00

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(D.R.)

En 2010, plusieurs centres d’accueil de la Caisse d’allocations familiales de Seine-Saint-Denis fermaient. L’accueil d’Épinay-sur-Seine en faisait partie. Cette fermeture était alors annoncée comme temporaire, afin que le personnel puisse « résorber les retards de traitement des dossiers ».

Cette décision « provisoire » a été suivie de la promesse d’une réouverture de 10 agences « famille » dans le département, au lieu des 40 centres d’accueil qui existaient auparavant. Aucune agence de ce type n’a été ouverte à Épinay.

En mai 2011, sous le gouvernement précédent, le député de la circonscription s’est adressé à la ministre compétente à ce sujet. La réponse gouvernementale indiquait une fermeture pour raisons de sécurité des personnels : « Cette fermeture est donc bien temporaire. Des échanges sont en cours avec le maire d’Épinay pour rechercher une implantation de la CAF plus conforme aux besoins des allocataires et des personnels. »

Plus de deux ans plus tard, rien n’a donc été fait par le maire pour trouver un nouveau local approprié, et réimplanter une agence de la CAF sur la commune. Cela, alors que le contexte social difficile est ressenti par les Spinassiens, particulièrement dans les quartiers populaires comme à La Source, où l’ancien accueil était installé et aisément accessible.

Depuis 2010, les Spinassiens sont donc obligés de se déplacer à l’accueil de la tour Pleyel de Saint-Denis, pour des heures d’attente même pour un simple dépôt de dossier, et sans certitude de voir leur dossier reçu en cas de forte affluence. Le maire d’Épinay, lui, estime que les Spinassiens peuvent se contenter du Centre communal d’action sociale (CCAS) du 7 rue Mulot.

(D.R)

Mais celui-ci est lui-même sous tension, avec un personnel trop peu nombreux pour l’afflux de dossiers. Ainsi, alors que le traitement par l’accueil de la CAF est de quelques jours et permet par exemple de toucher le RSA dès le premier mois après le dépôt du dossier, le traitement par le CCAS est de plus de trois mois, et a pour conséquence de priver les allocataires de 3 à 4 versements mensuels selon les cas. Étant données l’urgence sociale et les conditions de vie extrêmement fragiles des allocataires, de tels retards peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les Spinassiens, leurs familles et leurs enfants.

La disparition sans réimplantation du centre d’accueil de la CAF, et l’augmentation des délais de traitement des dossiers sont un nouvel élément à charge dans le bilan d’un maire qui, loin d’aider la population, reste sourd à ses problèmes, malgré leur aggravation en période de crise. Cela illustre également à la politique de la municipalité de droite visant à l’abandon des quartiers populaires, progressivement privés de services publics et plus que jamais enclavés.

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits