Distribution de la lettre d’information Épinay en vrai ! (mars 2014)

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mercredi 

19 mars 2014 à 10:15

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Épinay en Vrai ! (Mars 2014)

La distribution de sa lettre d’information Épinay en vrai ! est achevée.

L’impact de ce support d’information est important, si l’on en juge aux multiples réactions favorables qu’il suscite. Cette distribution a été  l’occasion d’échanger avec de nombreux habitants rencontrés et ce autour de leurs grandes et vraies préoccupations à l’approche du premier tour des élections municipales, le 23 mars.

Pauvreté : Épinay en première ligne

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vendredi 

14 février 2014 à 09:35

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Il y a quelques jours était publiée par le Compas (Centre d’observation et de mesure des politiques sociales) une étude consacrée aux taux de pauvreté des 100 plus grandes communes de France . Les chiffres inquiètent, et mettent en évidence la gravité des inégalités qui règnent aujourd’hui en France et qui, loin de se résorber, se renforcent d’année en année, jusqu’au cœur des zones urbaines.

Le 93 premier touché

Le taux de pauvreté dans les 100 premières communes de France varie fortement, entre 7% et 45% de pauvres (le seuil de pauvreté étant défini comme un revenu, toutes ressources comprises, équivalent à 60 % du revenu médian). Si Roubaix détient le record de France (45%) et que la moitié des dix communes les plus pauvres sont des villes d’outre-mer, la Seine-Saint-Denis est le département le plus représenté dans le haut de ce classement avec Aubervilliers (39%), Saint-Denis (34%), Épinay-sur-Seine (30%) et Pantin (30%).

Encore faut-il préciser, comme le fait L’Humanité, que les villes plus petites sont également fort touchées. Avec un peu plus de 54 000 habitants au recensement de 2011, Épinay est en effet la 99e ville de France en termes de population, or beaucoup de communes du 93 sont plus petites, comme Clichy-sous-Bois (45% de pauvres). Une situation d’autant plus choquante au regard des contrastes au sein de la région parisienne. En effet, parmi ce classement, « neuf des dix communes où le taux de pauvreté est le plus faible (entre 7 et 10 %) sont situées dans l’Ouest parisien, qui compose le cœur aisé du pays » comme le précisent Louis Maurin et Violaine Mazery dans leur analyse. Constat qui souligne une nouvelle fois l’urgence de la péréquation en Île-de-France, que seule la suppression des séparations administratives au sein de la petite couronne parviendra à résorber.

Épinay parmi les points noirs

Épinay est bel et bien l’un des foyers de pauvreté au sein de la banlieue nord de Paris, qui constitue elle-même la zone la plus sinistrée en région parisienne. Aujourd’hui donc, au cœur de la grande métropole parisienne, et à 30 minutes du cœur politique de la capitale, sévit donc la pauvreté à grande échelle, « n’en déplaise au discours ambiant selon lequel il n’y aurait de pauvreté que dans les zones périurbaines » comme le relève Louis Maurin.

Les facteurs de cette pauvreté urbaine persistante sont multiples. Le manque d’emploi peut aussi bien être une cause qu’un symptôme de cette pauvreté. De fait, l’Île-de-France demeure forte pourvoyeuse d’emploi, comme le montre le contraste de taux de chômages entre des communes géographiquement proches, par exemple entre Épinay et des villes du 92 ou du 95.

Le fort taux de chômage et la pauvreté qui en découle sont donc, pour Épinay, à la fois le signe d’un manque de dynamisme économique très localisé et la conséquence d’un peuplement subi et d’une politique de logement incontrôlée. Comme le rappelle en effet l’analyse, parmi les facteurs de pauvreté se trouve « le type de peuplement des communes (et par exemple l’implantation de populations immigrées démunies), l’histoire des politiques locales de logement social et l’évolution des prix de l’immobilier ou l’existence d’un parc privé accessible à des catégories défavorisées. »

C’est sur ces facteurs qu’il importe d’agir en premier lieu. Malheureusement, la municipalité actuelle a aggravé la situation locale de l’emploi, avec aujourd’hui 1 000 emplois perdus par an, et n’a rien fait pour favoriser la mixité sociale, se réjouissant au contraire de « l’accroissement de la paupérisation d’Épinay ».

L’histoire du soldat d’Igor Stravinsky : étrange hommage

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dimanche 

9 février 2014 à 11:24

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Dans le cadre des célébrations du centenaire de la première Guerre mondiale, la municipalité d’Épinay a décidé de mettre en avant L’histoire du soldat, d’Igor Stravinsky, jouée par les professeurs du conservatoire d’Épinay, au Pôle musical d’Orgemont.

Si l’on ne peut remettre en question l’intérêt musical de cette petite pièce, hybride de poésie, de théâtre et de danse, l’une des plus riches de la première période de Stravinsky – celle qui vit aussi naître les trois grands ballets, L’Oiseau de Feu, Pétrouchka et Le Sacre du Printemps – le fait de la présenter dans le cadre de ce centenaire est problématique et traduit plutôt une forme de confusion, voire d’inculture chez les élus d’Épinay et au sein de la direction des affaires culturelles, peut-être mal à l’aise pour une fois qu’il s’agit d’autre chose que de spectacles d’humoristes ou de chanteurs pop.

Certes, L’histoire du soldat fut composée en 1918 sur des textes du poète suisse Charles Ferdinand Ramuz, et créée sous la baguette d’Ernest Ansermet qui, déjà, faisait le bonheur du public de mélomanes de la confédération. Le rapport avec le premier conflit mondial est cependant assez ténu. Stravinsky comme Ramuz étaient tous deux ressortissants de pays en paix, le premier comme exilé de Russie – sortie du conflit après la révolution bolchévique – et le second comme citoyen suisse. L’histoire du soldat fut qui plus est composée en Suisse, où Stravinsky vécut jusqu’à la fin de la guerre et sans en subir les conséquences, composant et créant cette pièce sous la protection du riche philanthrope Werner Reinhart – également patron, entre la première et la seconde des deux Guerres mondiales, de Rilke et de nombreux compositeurs comme Hindemith, Krenek, Honegger et Webern.

Le conte musical de Stravinsky n’a aucun rapport non plus avec la signature de l’armistice, qui intervint près de deux mois après la création. L’œuvre elle-même ne fut ensuite plus entendue intégralement avant 1923, la première production ayant cessé des suites de l’épidémie de grippe espagnole.  L’histoire du soldat n’est donc pas plus une œuvre de guerre ou sur la guerre que Goyescas de Granados (1916), Nuits dans les jardins d’Espagne de De Falla (1916) ou Le château de Barbe-Bleue de Bartók (1918) ; l’histoire de la musique continuait parallèlement au conflit et d’une façon relativement déconnectée, particulièrement dans les pays neutres (Suisse, Espagne, États-Unis jusqu’en 1917).

La pièce de Stravinsky n’illustre donc en rien « la volonté des musiciens de maintenir une pratique de leur art même en temps de guerre, et par son écriture, le climat généré par la guerre et l’apparition de nouveaux langages », comme le prétend la mairie. Pourtant, les travaux sur la musique de la Grande Guerre existent, comme ceux qui seront présentés dans quelques semaines à l’Historial de Péronne.

(D.R)

Et bien que l’argument fasse bien intervenir un soldat, il ne s’agit en aucun cas d’un poilu sorti des tranchées. L’histoire du soldat se base en effet sur un conte traditionnel russe, transcrit au XIXe siècle par Alexandre Afanassiev. Joseph, un soldat pauvre, mais doué au violon, rencontre un vieillard – le Diable – et accepte d’échanger son violon – qui représente l’âme – contre un livre décrivant l’avenir. Rentrant dans son village, Joseph réalise cependant avoir été trompé puisqu’au lieu de 3 jours, sa rencontre avec le Diable a duré 3 ans : les habitants croient à un fantôme, et Joseph voit sa fiancée mariée et mère. Joseph réalise alors l’inanité des biens matériels et cherche à rompre son pacte avec le Diable. La deuxième partie de la pièce raconte l’échec de cette entreprise et le triomphe final du Diable.

D’une certaine façon, jouer L’histoire du soldat pour le centenaire de la première Guerre mondiale est non seulement hors sujet, c’est aussi le signe d’une grave méconnaissance de cette œuvre elle-même. L’argument, sa morale a-morale, ne sont pas adaptés à célébrer les morts de la Grande guerre. L’histoire du soldat est d’autant moins adaptée à un public d’enfants et de scolaires, auquel sera présentée cette œuvre à Épinay, la mairie prétendant qu’il s’agit d’un spectacle « accessible à tout public ». Le public se verra donc présenter, en étrange hommage, une œuvre sans rapport avec l’histoire de la première Guerre mondiale, et une œuvre d’une ambiguïté morale que Ramuz et Stravinsky réservaient le public adulte de leurs contemporains, et fort peu adaptée aux enfants.

Quelle méconnaissance des œuvres de l’esprit, quel désintérêt pour la commémoration sérieuse et sincère de nos morts, quelle ignorance de tous les principes éducatifs et moraux dont on attend qu’ils soient défendus en premier lieu par les représentants élus !

Épinay relégué à la marge : de la banlieue parisienne à la banlieue dionysienne

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jeudi 

6 février 2014 à 08:01

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Il y a quelques semaines, l’actuel maire sortant d’Épinay-sur-Seine était reçu sur la chaîne locale demain.tv, pour évoquer la ville et son avenir dans le cadre du Grand Paris. Une interview riche en enseignements, mais aussi relativement inquiétante quant aux projets de cette municipalité de droite pour l’avenir d’Épinay.

La médiocrité du maire sortant

Le premier de ces enseignements, c’est l’incompétence, voire la médiocrité du maire, qui malgré 13 ans de mandat connaît visiblement toujours aussi mal Épinay et son histoire. La question – habituelle dans cette émission – sur le passé de la ville est ainsi l’occasion d’une réponse bien confuse du maire :

« Bah l’histoire d’Épinay-sur-Seine était euh… euh… il y a très très longtemps euh je dirais une ville euh… une ville euh agricole qui vivait essentiellement de la vigne, qui vivait de l’agriculture, et puis après au niveau du XVIe siècle est arrivé effectivement les transports en commun, quand je dis transports en commun l’arrivée du chemin de fer, et là on a effectivement industrialisé Épinay-sur-Seine. Des industries du cinéma bien sûr un peu plus tard, mais tout au début c’était essentiellement de la… de l’agro-alimentaire, mais aussi euh je dirais des métiers de… liés à la métallurgie. »

Si l’on passe sur l’incapacité de ce maire à parler un français à peu près correct, on reste toutefois surpris d’une telle inculture, qui voit le chemin de fer rejoindre Épinay trois siècles avant l’heure, et les industries alimentaires et métallurgiques se développer avant les studios, alors qu’elles se développèrent surtout à partir de l’entre-deux-guerres (les studios s’étant développés, eux, dans les années 1900). Hervé Chevreau aurait pu citer le passé de l’industrie du verre à Épinay, depuis la première fabrique en 1873 jusqu’à la verrerie Schneider fondée en 1913, mais il ne faut apparemment pas lui en demander tant.

Économie : le maire a capitulé  face à Saint-Denis

Mais l’interview ne s’arrête heureusement pas à l’étalage de la méconnaissance historique de Monsieur Chevreau. Celui-ci se voit en effet interrogé sur l’identité économique d’Épinay, et l’avenir de la ville. Problème : l’avenir économique d’Épinay selon le maire sortant se trouve apparemment… ailleurs !

« Aujourd’hui il faut se projeter dans la communauté d’agglomération Plaine Commune donc où là le développement se fait essentiellement euh sur euh sur le nord de Paris, sur la porte d’Aubervilliers et Saint-Denis essentiellement, avec le… avec tout… tout ce qui se travaille autour de Pleyel et au niveau de… de la porte de Paris. »

Le développement d’une activité économique à Épinay n’inquiète apparemment donc pas le maire sortant, alors même que la ville perd plus de 1 000 emplois par an ces dernières années et que le chômage y sévit sévèrement. Au contraire, il fait une nouvelle fois montre de son incapacité à se saisir d’une problématique majeure, et admet la transformation d’Épinay en cité-dortoir, sujette à toutes les fluctuations de l’économie et de l’emploi, sans aucune prise sur ces évolutions.

Ce désintérêt complet du maire d’Épinay se traduit aussi par un manque total de combativité au niveau de Plaine Commune. Alors que les industries spinassiennes – à commencer par celle du cinéma – se voient progressivement accaparées par les communes du cœur intercommunal, aucun projet économique n’est développé à Épinay.

Ainsi, alors que toutes autres les villes de Plaine Commune bénéficient de projets, quoique très inégalement, Épinay n’en comprend aucun. Dans le récent Contrat de développement territorial 2104-2030 , Épinay est carrément éliminé de la carte des projets de développement de Plaine Commune !

« La carte des projets de développement du CDT de Plaine Commune fait disparaître Épinay sous la légende… »

Épinay relégué à la marge : de la banlieue parisienne à la banlieue dionysienne

Hier dans la banlieue parisienne, Épinay se retrouve de plus en plus relégué à la marge de la banlieue, ou dans la banlieue dionysienne, et au profit de Saint-Denis et des communes plus centrales (Aubervilliers, Saint-Ouen).

Le développement du Tram’Y renforce cette évolution, puisqu’elle place les Spinassiens plus près de Saint-Denis : le maire d’Épinay se trompe ainsi une nouvelle fois, ou il ment, lorsqu’il affirme, toujours dans la même interview, que le tramway reliera Épinay à la porte de la Chapelle. Le prolongement au sud, d’abord, n’est qu’à l’étude, et rien ne garantit sa réalisation. Ensuite, il n’est prévu que jusqu’à la future gare Rosa-Parks du RER D, dans le XIXe arrondissement, à la limite d’Aubervilliers et très loin des quartiers parisiens pourvoyeurs d’emploi et des grandes lignes intérieures de la capitale. De fait ce prolongement du tramway viserait bien plus à joindre les quartiers résidentiels des XVIIIe et XIXe arrondissements parisiens à la Plaine Saint-Denis, que de rapprocher Épinay de Paris.

En revanche, les futures lignes du « Grand Paris Express » ne concerneront pas Épinay.  la ligne 14 ne sera prolongée de la gare Saint-Lazare que jusqu’à Saint-Denis, tandis que les lignes 15, 16 et 17 relieront également La Défense, Roissy et l’ensemble des pôles d’activité franciliens à Saint-Denis tout en évitant soigneusement Épinay et les communes limitrophes (Argenteuil notamment).

Démolitions-reconstructions : mensonge à grande échelle

Reste un chapitre sur lequel le maire sortant s’étend plus longuement et dont il se montre apparemment très fier : la « rénovation-requalification » de la ville, en coopération avec l’ANRU. Les conséquences actuelles pour la ville sont plus dramatiques encore. Elles feront l’objet d’un nouvel article dans quelques jours.

Épinay – Tramway (T8) : nouvelle duperie du maire

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lundi 

9 décembre 2013 à 08:14

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Le maire d’Épinay-sur-Seine tente de faire croire aux Spinassiens qu’il est à l’origine de l’arrivée de la ligne 8 du tramway (T8) dans notre ville. Ce qui est faux !  Pour preuve de cette duperie, le numéro de novembre de la revue officielle de la municipalité, Épinay en scène, présentait les nouveautés en matière de transports mais ne mentionne ni les acteurs, ni les financeurs du T8.

Tracé du T8 (seine-saint-denis.fr)

Le T8 appelé aussi Tram’Y sera mis en service à la fin de l’année 2014. En reliant Saint-Denis – Porte de Paris à Épinay-sur-Seine et Villetaneuse, il facilitera les déplacements des habitants de Seine-Saint-Denis. Rappelons que notre ville a déjà été traversée par une ligne de tramway. En effet, de 1900 à 1935, Épinay-sur-Seine se trouvait sur la ligne Enghien-Trinité, remplacée, en partie, par la ligne de bus 154. Dès lors, nous n’assistons pas à l’arrivée mais au retour du tramway dans notre ville.

Le maire d’Épinay-sur-Seine tente de faire croire, par diverses astuces, qu’il est l’un des artisans de l’arrivée du T8 dans notre ville. Ce qui est faux ! Dans la revue publicitaire du maire, Épinay en scène, distribuée à tous les Spinassiens, il est impossible de trouver la liste des partenaires ou financeurs du projet dans les articles dédiés au sujet. L’information est disponible ailleurs, mais ne l’est pas dans cet élément central de la communication de la mairie. Ce manque de transparence et ces cachotteries créent une confusion destinée à laisser penser aux Spinassiens que le maire et sa majorité de droite et d’extrême droite ont œuvré pour l’arrivée du T8. Une nouvelle fois, ce maire n’hésite pas à s’attribuer indûment le succès de décisions ne relevant pas de sa politique. 

Le T8 s’inscrit dans le cadre des Contrats de Plan et de projet État-Région (p.41) de 2000 à 2006 et de 2007 à 2013. Le coût des infrastructures s’élève à 244 millions d’euros HT. Le financement est assuré par :

  • Région Ile-de-France à  78%,
  • Conseil général de Seine-Saint-Denis à 19%
  • l’État à 2%
  • Plaine Commune à 0.8 %
  • RATP à  0.2%
  • Maire d’Épinay-sur-Seine : 0%

On observe que la ville ne participe ni à la prise des décisions, ni au financement. Ce maire n’a rien décidé. En effet, la commune et donc le maire n’a aucune compétence en matière de transports.

Épinay-sur-Seine (PFT, 2013)

Qui plus est, le maire n’a pas su assurer l’une de ses seules missions restantes dans ce dossier : la coordination des travaux. En effet, la précipitation du maire et de son équipe voulant justifier d’un bilan à l’approche des élections municipales (mars 2014) explique l’anarchie des travaux constatée et subie par les Spinassiens depuis plusieurs mois. Circuler dans notre ville que ce soit à pied, en transports en commun ou en voiture relève aujourd’hui, à Épinay, du parcours du combattant.

Au total, le développement des infrastructures n’est pas le fait du maire. Son absence d’ambition et de vision pour Épinay-sur-Seine se traduit d’ailleurs par son incapacité à conduire de grands projets participant à l’attractivité et au rayonnement de notre ville au sein du département.

La réouverture d’une CAF bloquée par le maire depuis 2010

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mardi 

3 décembre 2013 à 08:00

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(D.R.)

En 2010, plusieurs centres d’accueil de la Caisse d’allocations familiales de Seine-Saint-Denis fermaient. L’accueil d’Épinay-sur-Seine en faisait partie. Cette fermeture était alors annoncée comme temporaire, afin que le personnel puisse « résorber les retards de traitement des dossiers ».

Cette décision « provisoire » a été suivie de la promesse d’une réouverture de 10 agences « famille » dans le département, au lieu des 40 centres d’accueil qui existaient auparavant. Aucune agence de ce type n’a été ouverte à Épinay.

En mai 2011, sous le gouvernement précédent, le député de la circonscription s’est adressé à la ministre compétente à ce sujet. La réponse gouvernementale indiquait une fermeture pour raisons de sécurité des personnels : « Cette fermeture est donc bien temporaire. Des échanges sont en cours avec le maire d’Épinay pour rechercher une implantation de la CAF plus conforme aux besoins des allocataires et des personnels. »

Plus de deux ans plus tard, rien n’a donc été fait par le maire pour trouver un nouveau local approprié, et réimplanter une agence de la CAF sur la commune. Cela, alors que le contexte social difficile est ressenti par les Spinassiens, particulièrement dans les quartiers populaires comme à La Source, où l’ancien accueil était installé et aisément accessible.

Depuis 2010, les Spinassiens sont donc obligés de se déplacer à l’accueil de la tour Pleyel de Saint-Denis, pour des heures d’attente même pour un simple dépôt de dossier, et sans certitude de voir leur dossier reçu en cas de forte affluence. Le maire d’Épinay, lui, estime que les Spinassiens peuvent se contenter du Centre communal d’action sociale (CCAS) du 7 rue Mulot.

(D.R)

Mais celui-ci est lui-même sous tension, avec un personnel trop peu nombreux pour l’afflux de dossiers. Ainsi, alors que le traitement par l’accueil de la CAF est de quelques jours et permet par exemple de toucher le RSA dès le premier mois après le dépôt du dossier, le traitement par le CCAS est de plus de trois mois, et a pour conséquence de priver les allocataires de 3 à 4 versements mensuels selon les cas. Étant données l’urgence sociale et les conditions de vie extrêmement fragiles des allocataires, de tels retards peuvent avoir des conséquences dramatiques pour les Spinassiens, leurs familles et leurs enfants.

La disparition sans réimplantation du centre d’accueil de la CAF, et l’augmentation des délais de traitement des dossiers sont un nouvel élément à charge dans le bilan d’un maire qui, loin d’aider la population, reste sourd à ses problèmes, malgré leur aggravation en période de crise. Cela illustre également à la politique de la municipalité de droite visant à l’abandon des quartiers populaires, progressivement privés de services publics et plus que jamais enclavés.

Réunion d’appartement : un vif succès

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lundi 

25 novembre 2013 à 15:20

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Une partie des invités, avec MM. Yannick Trigance et Pierre Franklin Tavares (DR, 2013)

Un samedi après-midi enthousiaste ! Mme Tavares recevait, chez elle, 42 personnes, dont 35 habitantes d’Orgemont et 2 du centre-ville. L’objet de la rencontre : « Le quotidien des femmes à Orgemont ». L’invité, M. Yannick Trigance, conseiller régional de’Île-de-France, conseiller municipal  et candidat de la gauche rassemblée aux prochaines élections municipales à Épinay-sur-Seine.

Ces 37 mères de famille, attachées à leur quartier, vives et passionnées, ont débattu avec M. Trigance, orateur percutant, à l’écoute de toutes les questions et tous les témoignages.

Ces femmes ont décrit leur « quotidien » fait d’angoisse, en raison de la grave situation d’insécurité d’Orgemont, quartier populaire de près de 15 000 habitants (et donc plus peuplé que la ville d’Enghien-les-Bains). Orgemont est une ville miniature qui manque cruellement d’équipements publics, où les commerces sont en déperdition et où les écoles sont en très grande difficulté. Certaines mères de familles ont évoqué avec émotion les difficultés rencontrées par leurs enfants, d’autres comment elles ont été contraintes d’abandonner leur emploi par manque de solutions pour faire garder leurs petits. Enfin, toutes ont dénoncé le manque d’accessibilité des lieux publics aux personnes en situation de handicap.

Unanimement, ces femmes ont poussé un immense cri de protestation et de colère, en décrivant une vie à Orgemont qui ne ressemble en rien aux « contes merveilleux » propagés par le maire dans le numéro du mois de novembre de sa revue de propagande municipale Épinay en Scène.

L’une des plus fortes exigences des femmes est d’avoir un maire qui  habite sa ville et reste proche de ses concitoyens.

L’invité, attentif, a débattu trois heures durant avec ces femmes. Applaudi à plusieurs reprises, il a précisé qu’il ne quitterait pas la ville et a exposé, de façon pertinente, sa vision pour Orgemont, le quartier où il a grandi, où il a exercé une grande partie de sa vie d’enseignant et de directeur d’école, et avec lequel il conserve des liens affectifs forts. Il a également pris des engagements précis pour un plan de développement d’Orgemont qui, avec les quartiers La Source-Les Presles, sera l’une de ses priorités.

Après s’être félicitée de la qualité des échanges, Mme Tavares a remercié toutes ses invités et son hôte.

La prochaine réunion d’appartement sera dédiée aux seniors.

Épinay : l’accès des femmes au sport en danger

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lundi 

28 octobre 2013 à 08:52

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La Division Nationale (DN) Dames de cyclisme du Club Sport Multisections (CSM) d’Épinay-sur-Seine est contrainte de cesser ses activités, faute de soutien politique et financier. Le 20 octobre 2013, les cyclistes Isabel Caetano et Audrey Artaud ont participé à leur dernière course, le contre la montre du Chrono des Nations en Vendée. Cette mauvaise nouvelle pour la ville reflète le manque d’intérêt de cette municipalité de droite et d’extrême droite pour le sport féminin.

La disparition de la DN dames de cyclisme du CSM résulte d’un manque de soutien de la ville ainsi que du vol de leur matériel (vélos) au début du mois de septembre. Ce vol, malgré la subvention de 5 000 euros accordée par Bruno Le Roux, député de Seine-Saint-Denis (PS), l’a contraint à cesser ses activités. Une nouvelle fois, le manque de soutien de l’équipe municipale aux structures qu’elle ne peut contrôler et l’insécurité grandissante sont responsables du dépérissement de la vie associative et sportive. Est-ce à cause du soutien de ce député de gauche que le maire de droite d’Épinay-sur-Seine n’a pas aidé ce club aux performances sportives pourtant excellentes ? Le maire considère-t-il que verser une subvention à une organisation achète son adhésion ou les voix de ses membres ? L’attribution des subventions aux associations montre aujourd’hui que celles-ci sont pour la mairie « moins des relais culturels que des canaux pour le clientélisme de la majorité sortante ».

Course cyclistes femmes (CSME)

Par ailleurs, bien que le maire et son équipe annoncent à grand renfort de communication, la construction d’un terrain de football synthétique pour un budget de 200 000 euros, la situation du sport et plus particulièrement du sport féminin est alarmante. En effet, à Épinay, les femmes ne représentent que 3% des licenciés sportifs qui résident dans la commune !  D’autres villes soutiennent sans relâche le sport féminin : la ville d’Enghien-les-Bains compte 28% de femmes parmi ses licenciés résidents (rappelons qu’une licence sportive permet de pratiquer un sport et de participer à des compétitions). À la lecture de ces chiffres, la disparition de la DN Dames du CSM d’Épinay-sur-Seine se révèle d’autant plus dramatique.

Pourtant, le maire d’Épinay-sur-Seine est aussi vice-président de Plaine Commune aux Sports, et soutenir les activités sportives entre dans ses fonctions. La situation actuelle du sport féminin dans notre ville montre avant tout l’incapacité du maire à mobiliser son champ de compétences et les énergies locales. Il cumule les mandats et les fonctions, mais sans vouloir agir.

Le sport est une mission essentielle que doit assumer le maire, et notamment le sport féminin. Non seulement il s’agit d’un élément central de la vie d’une ville agréable à vivre où la municipalité agit au service des citoyens, mais aussi d’une priorité pour une ville populaire. Le sport féminin fait partie de l’encouragement, pour les femmes et les jeunes filles, à une vie active, en confiance, en droite ligne de l’empowerment et du mouvement de l’émancipation féminine. La municipalité préfère privilégier au sein des centres socioculturels notamment une multitude d’activités « traditionnelles » (couture, coiffure, loisirs créatifs) qui ne peuvent suffire aux Spinassiennes qui ont aussi le droit d’être sportives.

Au fond, ce maire abandonne la ville et ses administrés. Chaque Spinassien et Spinassienne doit avoir  la possibilité de s’épanouir.

Épinay-sur-Seine : le maire ne respecte pas la loi !

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mercredi 

2 octobre 2013 à 07:38

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Au cours de son mandat, le maire d’Épinay-sur-Seine a progressivement réduit le nombre de panneaux permettant l’affichage d’opinion et la publicité relative aux activités des associations à but non lucratif. Un constat qui correspond bien à son souhait de faire taire toute opposition, toute structure locale qu’il ne peut directement contrôler. Une nouvelle fois, ce maire de droite et d’extrême droite montre son peu de souci pour la vie citoyenne et son mépris pour la démocratie locale.

Mairie d’Épinay-sur-Seine (D.R)

La loi prévoit que chaque commune réserve une surface minimale à l’affichage d’opinion politique et associatif. Cette surface doit être de « 12 mètres carrés plus 5 mètres carrés pour 10000 habitants au-delà de 10 000 habitants pour les autres communes » soit 12 m² carrés pour une commune de  10 000 habitants et 5 m² supplémentaires par tranche de 10 000 habitants. Ainsi, comme la ville d’Épinay-sur-Seine compte 54 518 habitants, la municipalité devrait mettre à disposition des acteurs locaux une surface de 32 m². Or, elle n’est actuellement que de 6 m².

Ce n’est pas faute de signalements répétés au maire et à son équipe. Les représentants de la société civile et de l’opposition politique locale ont multiplié les courriers demandant l’application de la loi pendant plusieurs années. Cette année, le conseiller municipal Yannick Trigance a décidé de saisir le préfet de Seine-Saint-Denis afin qu’il impose au maire de respecter la loi. Le préfet a répondu l’avoir saisi. Pour le moment, le maire reste sourd et n’apporte aucune réponse effective. Il préfère enfreindre la loi plutôt que de permettre l’épanouissement d’une vie citoyenne, tant nécessaire au bien-vivre ensemble.

Par ailleurs, lors du Conseil municipal du 26 septembre 2013, M. Trigance a de nouveau interpellé le maire sur cette situation et expliqué avoir saisi le préfet afin que la loi soit appliquée. À cela, le maire a rétorqué avoir également envoyé une lettre au préfet. Mais pourquoi le maire enverrait-il une lettre au préfet, alors qu’il lui revient à lui, maire de la ville, d’appliquer la loi ? On constate que le maire est bien incapable d’être clair quand on le rappelle à ses responsabilités, à moins qu’il ne maîtrise pas réellement son champ de compétences. Rappelons d’ailleurs que le maire a décidé de ne pas transférer la compétence des panneaux d’affichage à Plaine Commune par un arrêté de 2009 disposant « que le transfert de la Voirie à Plaine Commune n’entraîne pas transfert des pouvoirs de police, notamment en matière d’implantation des panneaux d’affichage […] ». Le maire sortant ne respecte donc pas même ce qu’il a lui-même annoncé et décidé.

Verrons-nous l’installation de panneaux d’affichage d’opinion avant les prochaines élections municipales ? Après plusieurs années, daignera-t-il enfin appliquer la loi ? Rien n’est moins sûr. Il en va ainsi à Épinay-sur-Seine, dont le maire est un adversaire de la démocratie, qui s’estime au-dessus des lois.

Nikolaï Ostrovski : un « romantique révolutionnaire »

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dimanche 

29 septembre 2013 à 18:11

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Nikolaï Ostrovski (D.R)

En ce 29 septembre, jour anniversaire de la naissance de Nikolaï Ostrovski (29 septembre 1904-22 décembre 1936), retour sur l’engagement et l’œuvre de ce « romantique révolutionnaire ».

Cinquième enfant d’une famille ouvrière pauvre, Nikolaï Ostrovski voit le jour dans un village ukrainien alors situé dans l’Empire russe. Scolarisé très tôt grâce à ses capacités jugées exceptionnelles, il suit un parcours d’excellence jusqu’à 12 ans. Son parcours s’arrête brutalement quand il est exclu de l’école élémentaire sous prétexte de mauvais comportement. Il est alors contraint de travailler. Conscient des injustices dont sont victime les classes laborieuses dont il est issu, il choisit à l’âge de 15 ans de rejoindre l’Armée rouge et la cavalerie Boudienny. Gravement blessé au combat, il poursuit son engagement révolutionnaire par l’écriture. Il est l’auteur d’ouvrages et pièces de théâtre comme Et l’acier fut trempé. Nikolaï Ostrovski a profondément marqué son époque et est considéré comme un auteur majeur de la révolution. Il meurt en 1936 sans pouvoir achever son dernier roman Enfantés par la tempête.

Écrit dans les années 1930, Et l’acier fut trempé est le plus célèbre de ses romans. Avec le processus révolutionnaire en toile de fond, Nikolaï Ostrovski nous raconte la vie aventureuse du jeune Pavel Kortchaguine. Pavel suit le même parcours qu’Ostrovski, subissant les mêmes injustices et choisissant les mêmes engagements. Mais Et l’acier fut trempé insiste aussi sur l’importance de la culture, de l’éducation, des idées nouvelles. Pour Ostrovski, la lecture et l’accès aux livres en particulier est un élément décisif dans la formation du personnage principal. La révolution n’est pas le produit de l’ignorance : l’accès à la connaissance précède et conditionne l’émancipation.

Aujourd’hui encore, par son œuvre et son parcours, ce qu’Ostrovski exalte c’est « une sorte de mythe : celui de l’homme qui sacrifie son présent pour l’avenir de tous parce qu’il ne veut pas endurer davantage la bassesse ni la voir abîmer la vie des autres », selon François Eychart qui avait trouvé pour le décrire la formule la plus nette : un « romantique révolutionnaire ».

Et l’acier fut trempé (éd. Le Temps des Cerises)

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits