2001-2014 : le désastreux bilan

Par , le 

mardi 

11 mars 2014 à 07:55

.

Pauvreté : Épinay en première ligne

Par , le 

vendredi 

14 février 2014 à 09:35

.

Il y a quelques jours était publiée par le Compas (Centre d’observation et de mesure des politiques sociales) une étude consacrée aux taux de pauvreté des 100 plus grandes communes de France . Les chiffres inquiètent, et mettent en évidence la gravité des inégalités qui règnent aujourd’hui en France et qui, loin de se résorber, se renforcent d’année en année, jusqu’au cœur des zones urbaines.

Le 93 premier touché

Le taux de pauvreté dans les 100 premières communes de France varie fortement, entre 7% et 45% de pauvres (le seuil de pauvreté étant défini comme un revenu, toutes ressources comprises, équivalent à 60 % du revenu médian). Si Roubaix détient le record de France (45%) et que la moitié des dix communes les plus pauvres sont des villes d’outre-mer, la Seine-Saint-Denis est le département le plus représenté dans le haut de ce classement avec Aubervilliers (39%), Saint-Denis (34%), Épinay-sur-Seine (30%) et Pantin (30%).

Encore faut-il préciser, comme le fait L’Humanité, que les villes plus petites sont également fort touchées. Avec un peu plus de 54 000 habitants au recensement de 2011, Épinay est en effet la 99e ville de France en termes de population, or beaucoup de communes du 93 sont plus petites, comme Clichy-sous-Bois (45% de pauvres). Une situation d’autant plus choquante au regard des contrastes au sein de la région parisienne. En effet, parmi ce classement, « neuf des dix communes où le taux de pauvreté est le plus faible (entre 7 et 10 %) sont situées dans l’Ouest parisien, qui compose le cœur aisé du pays » comme le précisent Louis Maurin et Violaine Mazery dans leur analyse. Constat qui souligne une nouvelle fois l’urgence de la péréquation en Île-de-France, que seule la suppression des séparations administratives au sein de la petite couronne parviendra à résorber.

Épinay parmi les points noirs

Épinay est bel et bien l’un des foyers de pauvreté au sein de la banlieue nord de Paris, qui constitue elle-même la zone la plus sinistrée en région parisienne. Aujourd’hui donc, au cœur de la grande métropole parisienne, et à 30 minutes du cœur politique de la capitale, sévit donc la pauvreté à grande échelle, « n’en déplaise au discours ambiant selon lequel il n’y aurait de pauvreté que dans les zones périurbaines » comme le relève Louis Maurin.

Les facteurs de cette pauvreté urbaine persistante sont multiples. Le manque d’emploi peut aussi bien être une cause qu’un symptôme de cette pauvreté. De fait, l’Île-de-France demeure forte pourvoyeuse d’emploi, comme le montre le contraste de taux de chômages entre des communes géographiquement proches, par exemple entre Épinay et des villes du 92 ou du 95.

Le fort taux de chômage et la pauvreté qui en découle sont donc, pour Épinay, à la fois le signe d’un manque de dynamisme économique très localisé et la conséquence d’un peuplement subi et d’une politique de logement incontrôlée. Comme le rappelle en effet l’analyse, parmi les facteurs de pauvreté se trouve « le type de peuplement des communes (et par exemple l’implantation de populations immigrées démunies), l’histoire des politiques locales de logement social et l’évolution des prix de l’immobilier ou l’existence d’un parc privé accessible à des catégories défavorisées. »

C’est sur ces facteurs qu’il importe d’agir en premier lieu. Malheureusement, la municipalité actuelle a aggravé la situation locale de l’emploi, avec aujourd’hui 1 000 emplois perdus par an, et n’a rien fait pour favoriser la mixité sociale, se réjouissant au contraire de « l’accroissement de la paupérisation d’Épinay ».

Épinay relégué à la marge : de la banlieue parisienne à la banlieue dionysienne

Par , le 

jeudi 

6 février 2014 à 08:01

.

Il y a quelques semaines, l’actuel maire sortant d’Épinay-sur-Seine était reçu sur la chaîne locale demain.tv, pour évoquer la ville et son avenir dans le cadre du Grand Paris. Une interview riche en enseignements, mais aussi relativement inquiétante quant aux projets de cette municipalité de droite pour l’avenir d’Épinay.

La médiocrité du maire sortant

Le premier de ces enseignements, c’est l’incompétence, voire la médiocrité du maire, qui malgré 13 ans de mandat connaît visiblement toujours aussi mal Épinay et son histoire. La question – habituelle dans cette émission – sur le passé de la ville est ainsi l’occasion d’une réponse bien confuse du maire :

« Bah l’histoire d’Épinay-sur-Seine était euh… euh… il y a très très longtemps euh je dirais une ville euh… une ville euh agricole qui vivait essentiellement de la vigne, qui vivait de l’agriculture, et puis après au niveau du XVIe siècle est arrivé effectivement les transports en commun, quand je dis transports en commun l’arrivée du chemin de fer, et là on a effectivement industrialisé Épinay-sur-Seine. Des industries du cinéma bien sûr un peu plus tard, mais tout au début c’était essentiellement de la… de l’agro-alimentaire, mais aussi euh je dirais des métiers de… liés à la métallurgie. »

Si l’on passe sur l’incapacité de ce maire à parler un français à peu près correct, on reste toutefois surpris d’une telle inculture, qui voit le chemin de fer rejoindre Épinay trois siècles avant l’heure, et les industries alimentaires et métallurgiques se développer avant les studios, alors qu’elles se développèrent surtout à partir de l’entre-deux-guerres (les studios s’étant développés, eux, dans les années 1900). Hervé Chevreau aurait pu citer le passé de l’industrie du verre à Épinay, depuis la première fabrique en 1873 jusqu’à la verrerie Schneider fondée en 1913, mais il ne faut apparemment pas lui en demander tant.

Économie : le maire a capitulé  face à Saint-Denis

Mais l’interview ne s’arrête heureusement pas à l’étalage de la méconnaissance historique de Monsieur Chevreau. Celui-ci se voit en effet interrogé sur l’identité économique d’Épinay, et l’avenir de la ville. Problème : l’avenir économique d’Épinay selon le maire sortant se trouve apparemment… ailleurs !

« Aujourd’hui il faut se projeter dans la communauté d’agglomération Plaine Commune donc où là le développement se fait essentiellement euh sur euh sur le nord de Paris, sur la porte d’Aubervilliers et Saint-Denis essentiellement, avec le… avec tout… tout ce qui se travaille autour de Pleyel et au niveau de… de la porte de Paris. »

Le développement d’une activité économique à Épinay n’inquiète apparemment donc pas le maire sortant, alors même que la ville perd plus de 1 000 emplois par an ces dernières années et que le chômage y sévit sévèrement. Au contraire, il fait une nouvelle fois montre de son incapacité à se saisir d’une problématique majeure, et admet la transformation d’Épinay en cité-dortoir, sujette à toutes les fluctuations de l’économie et de l’emploi, sans aucune prise sur ces évolutions.

Ce désintérêt complet du maire d’Épinay se traduit aussi par un manque total de combativité au niveau de Plaine Commune. Alors que les industries spinassiennes – à commencer par celle du cinéma – se voient progressivement accaparées par les communes du cœur intercommunal, aucun projet économique n’est développé à Épinay.

Ainsi, alors que toutes autres les villes de Plaine Commune bénéficient de projets, quoique très inégalement, Épinay n’en comprend aucun. Dans le récent Contrat de développement territorial 2104-2030 , Épinay est carrément éliminé de la carte des projets de développement de Plaine Commune !

« La carte des projets de développement du CDT de Plaine Commune fait disparaître Épinay sous la légende… »

Épinay relégué à la marge : de la banlieue parisienne à la banlieue dionysienne

Hier dans la banlieue parisienne, Épinay se retrouve de plus en plus relégué à la marge de la banlieue, ou dans la banlieue dionysienne, et au profit de Saint-Denis et des communes plus centrales (Aubervilliers, Saint-Ouen).

Le développement du Tram’Y renforce cette évolution, puisqu’elle place les Spinassiens plus près de Saint-Denis : le maire d’Épinay se trompe ainsi une nouvelle fois, ou il ment, lorsqu’il affirme, toujours dans la même interview, que le tramway reliera Épinay à la porte de la Chapelle. Le prolongement au sud, d’abord, n’est qu’à l’étude, et rien ne garantit sa réalisation. Ensuite, il n’est prévu que jusqu’à la future gare Rosa-Parks du RER D, dans le XIXe arrondissement, à la limite d’Aubervilliers et très loin des quartiers parisiens pourvoyeurs d’emploi et des grandes lignes intérieures de la capitale. De fait ce prolongement du tramway viserait bien plus à joindre les quartiers résidentiels des XVIIIe et XIXe arrondissements parisiens à la Plaine Saint-Denis, que de rapprocher Épinay de Paris.

En revanche, les futures lignes du « Grand Paris Express » ne concerneront pas Épinay.  la ligne 14 ne sera prolongée de la gare Saint-Lazare que jusqu’à Saint-Denis, tandis que les lignes 15, 16 et 17 relieront également La Défense, Roissy et l’ensemble des pôles d’activité franciliens à Saint-Denis tout en évitant soigneusement Épinay et les communes limitrophes (Argenteuil notamment).

Démolitions-reconstructions : mensonge à grande échelle

Reste un chapitre sur lequel le maire sortant s’étend plus longuement et dont il se montre apparemment très fier : la « rénovation-requalification » de la ville, en coopération avec l’ANRU. Les conséquences actuelles pour la ville sont plus dramatiques encore. Elles feront l’objet d’un nouvel article dans quelques jours.

Sauver l’industrie du cinéma à Épinay

Par , le 

jeudi 

5 décembre 2013 à 09:30

.

Grève du 27 novembre (lefigaro.fr)

Grève du 27 novembre (lefigaro.fr)

Mercredi 27 novembre, alors que le maire d’Épinay-sur-Seine sirotait du champagne à l’heure du petit-déjeuner pour fêter l’ouverture du centre commercial l’Ilo, de l’autre côté du boulevard De Lattre, les salariés du groupe Éclair manifestaient contre un nouveau plan de licenciements. L’annonce de la suppression de neuf postes porte le nombre d’emplois supprimés depuis 2005 à 300 dans l’ensemble du groupe dont le siège et la plupart des activités sont implantées à Épinay-sur-Seine.

Touché par les mutations du secteur cinématographique, le passage à la projection numérique, une anticipation délicate de la part de la direction et des restructurations dans l’ensemble des laboratoires de cinéma, Éclair est aujourd’hui criblé de dettes, et souffre de perspectives de développement réduites. Rappelons que le groupe a également dû se séparer en 2009 des studios d’Épinay, repris par le groupe TSF.

Pourtant, les solutions existent. Car Épinay a de quoi être fier de son secteur cinématographique, loin des projets irréalistes, des équipements déficients et des soupçons de détournements de fonds publics qui font de la surmédiatisée Cité du cinéma de Saint-Denis un gouffre financier et un désert artistique.

La restauration de films du patrimoine, une piste d'avenir pour les labos d'Épinay... (© SND)

La restauration de films du patrimoine, une piste d’avenir pour les labos d’Épinay… (© SND)

Le savoir-faire des personnels, l’expérience de ce fleuron du cinéma mondial, offrent des potentialités exceptionnelles dans des secteurs porteurs : la restauration des films anciens (la version restaurée par Éclair de La Belle et la Bête de Jean Cocteau, cette année, a connu un succès national), la production de longs métrages (comme le beau succès de Les Garçons et Guillaume, à table ! ou le prochain biopic Grace de Monaco avec Nicole Kidman), et encore la diversification vers d’autres activités audiovisuelles complémentaires, dans le secteur du web par exemple.

Pour sauver le groupe Éclair et le cinéma à Épinay, il est temps de sortir de l’inaction. Le rôle du maire n’est pas de faire oublier les forces vives de la ville et les laisser à la dérive, tout en bradant Épinay à des activités à faible valeur ajoutée (grande distribution, secteur locatif) et incapables d’œuvrer au rayonnement de notre ville et à la création d’emplois. Il faut à Épinay une véritable mobilisation du secteur cinématographique et audiovisuel, associant les élus, les entreprises (Éclair, TSF) et leurs personnels, afin d’anticiper les mutations, d’aider au développement de ces activités, et d’encourager la création et l’implantation de nouvelles entreprises du secteur.

« Épinay fait son cinéma », annonce une exposition montée à la va-vite au Pôle musical d’Orgemont, comme un peu de poudre aux yeux à l’approche des élections municipales. Le nom même de cette manifestation révèle la vision au rabais de l’équipe municipale sortante. Épinay est la capitale française du cinéma. Épinay ne fait pas « son » cinéma, mais depuis plus d’un siècle Épinay fait LE cinéma français, et a fait son histoire et ses chefs d’œuvre.

Le cinéma et plus largement le secteur de l’audiovisuel est l’héritage de la ville, son identité, et sa force. Il faut sauver l’industrie cinématographique spinassienne : là se trouve le plus grand gisement de croissance, d’emplois et de rayonnement pour Épinay. Encore faut-il agir pour ne pas le perdre.

La bataille de l’emploi à Épinay-sur-Seine

Par , le 

lundi 

4 novembre 2013 à 08:00

.

Pôle emploi d'Épinay (photo Mairie d'Épinay-sur-Seine)

Pôle emploi d’Épinay (photo Mairie d’Épinay-sur-Seine)

Aujourd’hui, un emploi pour 4 travailleurs !

Il est toujours regrettable que les chiffres locaux de l’emploi soient publiés avec près de trois ans de décalage. Mais ils n’en demeurent pas moins éloquents.

Ainsi les chiffres de l’année 2010, publiés cet été, indiquent qu’à Épinay-sur-Seine, pour une population de près de 54 518 habitants dont 35 576 en âge de travailler (15-64 ans), seuls 8 596 emplois existaient fin 2010 sur le territoire de la ville. Un emploi pour 6,3 habitants et pour 4,1 en âge de travailler, donc, à comparer aux chiffres d’Enghien-les-Bains (un emploi pour 1,5 habitants en âge de travailler) et de Saint-Denis (un emploi pour 1 habitant en âge de travailler) !

1 000 emplois perdus chaque année !

Face à cela, la mobilisation du maire est bien faible. Et les dispositifs censés aider à la recherche de l’emploi ne peuvent compenser la sévérité des faits : Épinay perd plus de 1 000 emplois par an !

Ainsi, en 2010, Épinay a perdu 1 218 emplois tous secteurs confondus (9 814 en 2009, 8 596 en 2010). À ce rythme et si rien n’est fait, aucune activité ne subsistera sur le territoire de la commune d’ici 2020 ! Et dans le même temps, Saint-Denis gagne près de 2 000 emplois par an (1 853 en 2010), dont certains transférés directement ou indirectement du territoire d’Épinay, comme l’exemple des studios et de l’ouverture concurrente de la « Cité Luc Besson » vient tristement le montrer.

Épinay demain, une ville sans activité ?

On ne s’étonne dès lors plus, non seulement du taux de chômage élevé dans la commune (15,8 % en 2010 contre une moyenne des villes françaises de 9,1 %), mais aussi de la faiblesse du taux d’emploi (56,7 %) et du faible nombre d’actifs. Seuls 68,4 % des Spinassiens en âge de travailler sont en emploi ou en recherche d’emploi, c’est nettement moins que la moyenne urbaine française (73,3 %).

Ceci n’est évidemment que la traduction statistique de réalités que nous connaissons bien. Ce sont les femmes et hommes qui ont renoncé à l’insertion professionnelle et comptent sur la solidarité des leurs, et que nous voyons confrontés aux difficultés quotidiennes pour se loger et faire vivre décemment leur foyer. Ce sont tous ceux qui, parce que c’est le seul moyen pour eux de subsister, travaillent sans contrat (« au noir »), sans droits au chômage ou à la retraite, sans droit tout court. Ce sont les jeunes que nous voyons dériver vers l’économie « informelle », qui masque essentiellement l’insupportable quotidien de la délinquance et des trafics.

De la banlieue parisienne à la banlieue dionysienne

La disparition des emplois correspond bel et bien aux choix effectués par la majorité de droite : transformer Épinay en ville-dortoir, quand les villes voisines créent à l’inverse de l’activité. Avec l’équipe sortante. Épinay ne sera bientôt définitivement plus en banlieue parisienne mais en banlieue dionysienne, situation aggravée par le développement de lignes de transports qui ne relient Épinay qu’à Saint-Denis (Tramway, Tangentielle nord) et privilégient systématiquement Saint-Denis pour les trajets longs (Grand Paris Express).

Ainsi vont les choses à Épinay, ville populaire condamnée, par l’incompétence et le mépris de ses élus, encore et toujours à l’éloignement et à la relégation territoriale. Il faut à notre ville une autre politique, et un maire qui se montrera capable d’infléchir cette évolution déplorable.

Les vrais chiffres de l’emploi à Épinay

Par , le 

jeudi 

4 juillet 2013 à 09:08

.

La mission locale d'Épinay (D.R.)

La mission locale d’Épinay (D.R.)

On les trouve aisément auprès de l’Insee, mais il semble que l’actuel maire d’Épinay-sur-Seine connaisse mal les chiffres de l’emploi à Épinay, sans quoi il ne resterait pas si inactif face à l’urgence de la situation. Les derniers chiffres (tableau ci-dessous) datent de 2009, et n’ont hélas pu que s’accentuer sous l’effet de la crise. Et la comparaison avec quelques villes voisines est éloquente…

À Épinay, pour une population de près de 54 000 habitants, seuls 9 800 emplois existaient en 2009 sur le territoire de la ville. Un emploi pour 5,5 habitants, cela tient du record ! Par comparaison, chez nos voisins, Saint-Denis procure un emploi pour 1,45 habitants ; Enghien, un emploi pour 2,2 habitants !

emploi epinay

(cliquez pour agrandir)

Bien entendu, le différentiel en taux de chômage est moins profond, mais celui-ci est atténué par un autre indicateur extrêmement inquiétant : Épinay-sur-Seine présente un taux d’activité des plus faibles avec 68,1 % des 15-64 ans actifs (c’est à dire en emploi ou demandeurs d’emploi). Si la ville compte un peu moins de chômeurs enregistrés à Pôle Emploi qu’à Saint-Denis par exemple, c’est qu’à Épinay, beaucoup d’entre eux, découragés, parce qu’ils n’ont droit à aucune allocation et ont l’impression de n’avoir aucune chance de trouver un emploi, ne sont pas enregistrés et ne sont donc pas comptabilisés comme actifs. En cumulant les demandeurs d’emploi et les inactifs, et en tenant compte de l’absence d’activité économique réelle sur le territoire de la commune, le tableau dressé apparaît véritablement dramatique.

L’absence d’emplois sur le territoire d’Épinay-sur-Seine en fait une ville-dortoir, quand les villes voisines créent à l’inverse de l’activité. Pour travailler, les Spinassiens rejoignent ainsi tous les matins les villes limitrophes en voiture, en RER, et bientôt en tramway. Épinay n’est plus en banlieue parisienne mais devient, par le travail du maire actuel, la banlieue de Plaine Commune.

Quel avenir pour les studios d’Épinay ?

Par , le 

jeudi 

27 juin 2013 à 18:59

.

Studios Épinay-sur-Seine en 1931 (D.R)

Studios Épinay-sur-Seine en 1931 (D.R)

Alors qu’en 2007 le centenaire d’Éclair avait fait l’objet d’importantes célébrations, celui des studios du 10, rue du Mont, créés en juin 1913 par le producteur Joseph Menchen, puis repris en 1914 par Charles Jourjon, est étrangement passé sous silence.

Il faut dire que depuis quelques années, la situation de l’industrie cinématographique à Épinay s’est singulièrement fragilisée. Après un plan social chez Éclair en 2009, puis la revente des studios au groupe TSF, c’est l’ouverture fin 2012 de la Cité du cinéma portée par Luc Besson à Saint-Denis qui inquiète. Site moderne, plus proche de Paris, et regroupant diverses activités dont deux écoles de cinéma, la cité de Saint-Denis est un concurrent direct pour Épinay.

Haneke recevant l'Oscar du meilleur film étranger en 2013

Haneke recevant l’Oscar du meilleur film étranger en 2013 (D.R)

Face à cela, le silence de la mairie ressemble à un abandon. C’est pourtant la fonction première des élus que de tout faire pour préserver l’activité économique de la ville, surtout s’agissant d’une activité si symbolique, au rayonnement international ! Il y a peu encore, 80 % des films et séries télévisées en France étaient tournés à Épinay. Parmi les derniers-nés des studios de la rue du Mont, on compte ainsi Amour de Michael Haneke (récent Oscar du film étranger en février dernier) ou encore L’écume des jours de Michel Gondry.

Qu’en sera-t-il demain ? Quels projets, quelles évolutions, quels investissements, quelles synergies nouvelles viendront garantir la pérennité de studios qui font la fierté des Spinassiens ? Épinay mérite des élus plus imaginatifs, et surtout plus impliqués sur ces enjeux cruciaux !

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits