Municipales 2020 à Épinay-sur-Seine

mardi 

29 octobre 2019 à 11:47

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_MG_7400Une droite éclatée

La droite locale est profondément divisée et avance, en rangs dispersés, vers les Municipales 2020. Trois principaux courants. La République En Marche qui, selon sa politique d’implantation urbaine, vise à s’emparer d’un nombre significatif de villes moyennes, parmi lesquelles Épinay-sur-Seine. Elle est confortée par le fait que, lors des dernières législatives, son candidat a littéralement évincé, pour ne pas dire « écrasé », celui du Modem-Les Républicains.

En marche entend capitaliser ce résultat législatif, devenir la première force de la droite locale et anticipe les prochaines législatives de 2022. Cette aile modérée de la droite locale a donc un double objectif électoral : Municipales 2020 et Législatives 2022. Pour ce faire, En Marche doit parvenir à faire du Modem-Les Républicains un futur supplétif, en mettant en œuvre la technique macronienne de l’absorption qui, après avoir réussi à vampiriser le Parti Socialiste, s’efforce à présent de phagocyter Le Modem-Les Républicains. Il n’est pas dit que la méthode ne « marchera » pas. Nous pourrions donc assister à une alternance (réaménagement) interne au sein de la droite locale.

Cependant, le Modem-Les Républicains local vendra chèrement sa peau. Et comme lors des dernières échéances législatives, si ce courant de la droite locale était mis hors course ou se retrouvait en deuxième position au premier tour, il préfèrera sans doute favoriser indirectement une autre force politique que La République En Marche, dans le cadre d’une triangulaire ou d’une quadrangulaire. Il pourrait même attendre l’élection du Maire au second degré (en Conseil municipal), soit pour tenter de conserver le pouvoir local, par un jeu d’alliance tous azimuts, soit pour se maintenir afin d’empêcher l’éventuel candidat de La République En Marche d’avoir une majorité confortable.
Quant au Rassemblement National, vieil et fidèle allié du Modem-Les Républicains d’Épinay-sur-Seine, il ne devrait rompre son alliance que si, dans le cadre des élections présidentielles de 2020, sa direction nationale lui demandait de saborder le Modem-Les Républicains pour en récupérer les débris. Sinon, en bon élève de l’extrême-droite, il appuiera son plus proche partenaire, le maire sortant.

Une gauche éparpillée

La gauche locale ne se porte pas mieux. Elle est disséminée en sept courants de forces inégales. En effet, elle reste toujours et allègrement éparpillée, même si son schéma d’union est beaucoup plus simple et combien plus aisé que par le passé récent.

La section locale du Parti Communiste Français l’a compris, qui s’efforce de la réunir, tant bien que mal. En tous les cas, cette démarche doit être encouragée et promue, car elle est et restera la seule qui soit juste et adéquate. Tout autre éventualité est le chemin d’une « aventure ».

La France Insoumise, qui n’a (toujours) pas de représentant local et alourdie par les séquelles des tensions passées, semble, d’un part, plus préoccupée à ne pas trouver d’accords locaux avec le Parti Communiste et le Parti Socialiste, et, d’autre part, est étrangement encline à ne pas gêner la gouvernance locale du Modem-Les Républicains. À cet égard, les ‘’rumeurs’’ vont bon train sur un « deal » secret. Et un tel quasi « abstentionnisme » engage un pari risqué, car en ne consolidant pas la gauche locale, sans le concours de laquelle elle n’aurait jamais gagné les dernières législatives, La France Insoumise se prépare à perdre les prochaines législatives. Car les règlements de compte se feront sans ménagement. Et le Modem-Les Républicains ne sera d’aucun secours efficace. Ainsi, La République En Marche, si elle remporte les Municipales, aura des jours joyeux devant elle.

Il est quelque peu regrettable que Génération.S (Benoît Hamon) n’entende pas conduire une liste de large rassemblement à gauche.

La section du Parti Socialiste tend avec bonne raison à une unité à gauche.

Europe Écologie Les Verts (EELV), portée par les résultats des dernières élections européennes, paraît rechercher une solution autonome, en s’isolant, et/ou pourrait même joyeusement se jeter dans les bras grands ouverts du Modem-Les Républicains qui est à la recherche désespérée de béquilles locales.

Quant au Parti Ouvrier Indépendant (P.O.I), comme de coutume, il initiera une démarche séparée. Atteindra-t-il le seuil de 5% des suffrages pour participer au prochain Conseil municipal ? Sa démarche n’a donc de sens que parce qu’elle accroît l’éparpillement des forces de gauche.
Pour une Ville Juste Envers Tous (VJT) favorisera tout schéma d’unité à gauche, à condition que le « tête de liste » de la gauche rassemblée soit une femme de notoriété nationale ou européenne. Au reste, et si nécessaire, rien ne l’empêchera de présenter une liste.

Somme toute, le tableau spinassien offre une droite profondément divisée et une gauche éparpillée ! Et, sous ce rapport, nul ne peut prédire avec certitude les combinaisons politiques qui en sortiront. Ainsi, pour les prochaines Municipales, ce tableau « ajoute un agréable piment », comme le dit en d’autres circonstances Alfred Kroeber, spécialiste des populations indiennes californiennes.

© 2013 Pierre F. Tavares / Crédits